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30 juin 2011
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Didier Grumbach: "La couture est un avantage concurrentiel pour les marques"

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30 juin 2011

A quelques jours du démarrage de la Semaine de la Couture à Paris, exception française qui perdure avec force depuis deux siècles, le président de la Fédération Française de la Couture, du Prêt-à-porter des couturiers et créateurs de mode, Didier Grumbach, rappelle que la couture reste un savoir-faire qui doit être préservé, un savoir-faire exceptionnel qui offre une vitrine mondiale à de nombreux créateurs de talent.



Didier Grumbach, président de la Fédération Française de la Couture, du Prêt-à-porter des couturiers et créateurs de mode - Photo: Vincent Lappartient


FashionMag: Comment se positionne la couture par rapport au prêt-à-porter ?
Didier Grumbach: La couture n’est plus une industrie ; c’est un savoir-faire, un service pour les clientes, un avantage concurrentiel pour les marques. Si elle devient une industrie, elle est morte. Jusque dans les années 1930, la France comptait 300 000 couturières et la couture était une industrie compétitive fortement exportatrice. Mais le prêt-à-porter n’existait pas. Aujourd’hui, la couture est la partie supérieure du prêt-à-porter et, sans prêt-à-porter, la couture n’est plus pour les marques émergentes une activité suffisamment rentable.

FM: La couture a-t-elle réellement évolué ?
Didier Grumbach: Jusque dans les années 1980, les couturiers n’étaient jamais confectionneurs et ils ne s’engageaient dans le prêt-à-porter que par le biais de contrats de licence. Yves Saint Laurent, Dior ou Givenchy se voulaient artisans et ne fournissaient directement que les clientes de la haute couture. Leurs revenus provenaient essentiellement des accords de licence qui souvent dépassaient le chiffre de 300 contrats pour les grandes maisons.
Avec l’ouverture des marchés, ces contrats limités à l’exploitation du nom sur un territoire limité n’ont plus cours. Il faut un seul produit pour le monde. Les couturiers doivent intégrer leur prêt-à-porter et en contrôler eux-mêmes la production et la distribution.
Alors que les couturiers développent progressivement leur prêt-à-porter, certains créateurs de mode rejoignent la couture. Les premiers "invités", Jean Paul Gaultier et Thierry Mugler, entrent en couture en 1997 alors que, la même année, John Galliano pour Dior et Alexander McQueen pour Givenchy donnent au calendrier une nouvelle dynamique. De conservatoire, la couture devient observatoire.
Après Viktor&Rolf et Thimister, nombreuses sont les marques parrainées et élues par le Comité de la Couture qui obtiennent comme par le passé une visibilité mondiale immédiate.
Cette saison, la participation d’Azzedine Alaïa, en même temps que celle de Giambattista Valli, renforcent encore le calendrier de la couture. Et contrairement au prêt-à-porter où la semaine de défilés est de plus en plus dense, avec des créateurs de plus en plus internationaux, la semaine de la couture n’organise en moyenne que six défilés par jour.

FM: Pourquoi juillet et janvier pour établir la Semaine de la Couture à Paris ?
Didier Grumbach: En juillet et janvier, le prêt-à-porter est livré et on peut commander en couture. La semaine du prêt-à-porter est destinée aux professionnels, celle de la couture aux consommatrices via internet.

FM: Pourquoi la Semaine de la Couture est-elle autant suivie ?
Didier Grumbach: Les défilés sont de plus en plus spectaculaires. Chanel au Grand Palais y est pour beaucoup. Cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu tant de créativité à Paris. En même temps, une collection commerciale n’a pas besoin d’être sur un podium. Si elle est immédiatement compréhensible, c’est qu’il n’y a pas grand-chose derrière. Autrement dit, la couture est bien la partie supérieure du prêt-à-porter.
La haute couture est une exception française qui a en Asie et en Amérique une image très forte. Notre devoir et notre intérêt sont de la préserver.

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