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Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
27 sept. 2017
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Dries Van Noten redonne du lustre à Picasso

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
27 sept. 2017

L'une des clés d'un vêtement réussi est de savoir communiquer de l'émotion et c'est encore plus vrai quand il s'agit de mettre en scène un défilé. En voici un sensationnel, émouvant par l'exubérance même de ses couleurs, l'intense beauté de ses tissus. Un collage à couper le souffle de couleurs inspirées par le tableau de Picasso Les Deux Demoiselles faisant leur toilette.

Dries Van Noten - printemps-été 2018 - Womenswear - Paris - © PixelFormula


Dries Van Noten dispose d'une énorme équipe qui travaille en exclusivité sur ses imprimés, à son siège social sur le port d'Anvers. Ils ont l'air d'avoir mis les bouchées doubles et fait beaucoup d'heures supplémentaires sur cette collection ! Des mélanges assemblés avec dextérité de carreaux audacieux, de motifs floraux soyeux, de graphismes rétro et de jacquards dorés aveuglants.

La musique venait renforcer l'effet : une version de « Be my Baby » des Ronettes, réinterprétée en ballade douce par DM Stith, que venait interrompre la batterie théâtrale de « Wanna Say Faux » de Co La.

« C'est une collection optimiste. On dit souvent que la mode est le reflet du monde. Eh bien, il se passe tellement de choses négatives que j'ai eu envie d'utiliser la mode pour m'évader. Je voulais une femme pleinement heureuse, qui connait les règles pour mieux les briser. Des robes du soir à 17h. Pourquoi pas ? » expliquait le créateur, qui a refusé de répondre aux questions en coulisses, mais a publié une vidéo peu après le défilé, dans laquelle il est interviewé avec son directeur de la communication, le toujours loquace Patrick Scallon.

Se tournant vers le tableau de Picasso, Dries Van Noten louait le célèbre collage (des morceaux de papier peint, de briques, pas de coups de pinceaux) et a expliqué comment il avait mélangé des chutes de tissus récupérées sur des collages 60's et 80's... avant de parachever la plupart des silhouettes avec des écharpes drapées.

Dries Van Noten - printemps-été 2018 - Womenswear - Paris - © PixelFormula


« Le foulard est une idée 70's très bourgeoise, mais les modèles ont l'air plus achevés avec » souriait-il.

Choix audacieux, les mannequins étaient tous couverts de strass, sur le décolleté, les sourcils, et même à l'intérieur de la bouche. Mais c'est le mélange qui était au cœur de ce défilé : tout comme un Yves Saint Laurent au sommet de sa créativité pouvait mixer les couleurs primaires les plus improbables, un Dries Van Noten en pleine forme est capable de mêler les tissus et imprimés les plus disparates qui soient, pour créer une combinaison de matières infiniment plus intéressante que la somme de ses parties. Même ses simples vestons noirs en fine laine étincelaient, rebrodés de fabuleuses feuilles de cristal. Maharanis modernes ou bohémiennes haut de gamme, les dames qui porteront cette collection pourront se sentir tout à fait exotiques et rares avant même d'avoir mis un pied dehors.

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