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Publié le
16 janv. 2023
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8 minutes
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Écoles de production textile: à la découverte de ce nouveau type de formation

Publié le
16 janv. 2023

Elles sont aujourd’hui quatre dans le secteur textile, et bientôt au moins sept. Les écoles de production forment des promotions de douze élèves, via deux tiers d’apprentissage pratique et un tiers d’enseignement théorique (français, mathématiques, histoire/géographie…). A but non lucratif, ces établissements sont soutenus financièrement par industriels et collectivités, et en partie via la vente à marques et industriels des productions des élèves. FashionNetwork.com fait le tour de France des EDP du textile existantes (communes de Saint-Etienne, Roubaix, Saumur, Marseille) ou à venir (Cholet, Bressuire et Vire), et sur les enjeux de ce modèle très encadré.


L'école de production Fask à Marseille - Fask


Forte à ce jour de 43 établissements, la Fédération nationale des écoles de production (FNEP) se veut intraitable sur le sujet: pas d’établissement si pas de besoins locaux en recrutement. Ces établissements cibles des adolescents en décrochage scolaire, ou cherchant très tôt l'apprentissage d'un métier. C’est dans ce cadre que se sont lancés de 2017 à 2022 l'AFEP de Saint-Etienne (Loire), T'Cap-T'pro à Saumur (Maine-et-Loire), l'Epicc de Roubaix (Nord), et le marseillais Fask (Bouches-du-Rhône). Une première vague textile tardive, sur un modèle d'école en essor depuis les années 1990, mais qui ouvre aujourd’hui la voie à d'autres projets très attendus dans les territoires.

Il aura fallu attendre 2017 pour voir apparaître la première école de production touchant au textile. Fondée en 1991, la stéphanoise AFEP avait successivement déployé des formations dans la construction puis la métallurgie. "Nous avons eu la volonté de créer une section à même d'attirer un public qui ne soit plus seulement masculin", raconte le directeur Antoine Martin. "Et nous sommes tombés sur un article où Elizabeth Ducottet, dirigeante de Thuasne, expliquait que Saint-Etienne est la capitale européenne des textiles techniques et médicaux. C'était ce qu'il nous fallait."


L'école de production AFEP de Saint Etienne - AFEP


Les trois acteurs locaux du textile médical, Thuasne, Gibaud et Sigvaris, qui découvrent à cette occasion le concept d'école de production, soutiennent le projet. Naît alors un atelier de 400 mètres carrés, où jusqu'à douze élèves sont préparés au CAP de mécanicien en confection, avec couture, tissage et tricotage, en passant par le métier du tressage à la demande d'un spécialiste local de la pratique, qui fournira lui-même une machine pour former ses potentielles futures recrues. Un frein de l’établissement est la difficulté d'obtenir des productions dans le domaine très régulé du textile médical. Ce qui n’empêche pas les pièces produites d’aller équiper le personnel des entreprises partenaires.

De Roubaix à Marseille via Saumur



Comme son cousin stéphanois, l'Epicc (Ecole de production Industrielle de couture et confection) de Roubaix est née dans le giron d'une école de production non textile, l'Epal (automobile) installée pour sa part à Lens depuis 2019. Son fondateur Pierre Delannoy, peu connaisseur du textile, décide de créer à Roubaix une école dédiée à cette spécialité, avec un chiffre en tête: 200 opérateurs à recruter dans les entreprises textiles environnantes d'ici à 2025.

Depuis septembre 2021, plus d'une vingtaine de machines sont dédiées à former les élèves, via des productions en sous-traitance comme pour le spécialiste de linge de maison
Vanderschooten. Ou via patronage, prototypage et production pour de jeunes marques comme Maison PoumPoum (sacs bananes), Tricotinette (puériculture) ou Mon Joli Bavoir. À celles-ci s'ajoutent des clients extérieurs acquérant les produits conçus par les élèves, comme des serviettes de toilette destinées à l'épicerie solidaire de l'université de Lille. L'établissement roubaisien inaugurera ses nouveaux locaux du 139, rue des Arts le 8 février prochain.


L'école de production Epicc à Roubaix - Epicc



A Saumur, dans le Maine-et-Loire, le cursus textile lancé en septembre 2022 par T’Cap-T’Pro est là encore né en dans le sillage d'une autre formation, celle de métallier-soudeur, initiée en 2019. Sur une surface amenée à passer prochainement de 120 à 180 mètres, machines à coudre, surjeteuses et autres machines ont pour but de former spécifiquement aux vêtements flous (souples, déstructurés…).

"C'est d'autant plus pertinent que Laurent Vandenbor, délégué général de la fédération Mode Grand Ouest (groupement d'entreprises du textile-habillement sur la région, ndlr), répète que le la filière a besoin de 1.300 personnes par an", souligne le directeur de l'école Jacky Giraudeau. Ses élèves fournissent notamment en tote bags la boutique de l'abbaye voisine de Fontevraud (classée à l’Unesco), et produisent chouchous, tabliers et housses d'ameublement pour des entreprises locales. "Et nous commençons maintenant à travailler dans la confection, ce qui nous ouvre de nouvelles possibilités”, se félicite son dirigeant.

En septembre 2022 se lançait également l'établissement marseillais Fask, créé cette fois directement autour d’un cursus textile, et dans le giron de l'association éponyme lancée en 2019 pour fédérer les acteurs locaux du textile-habillement. "En développant cet écosystème, nous en avons identifié les freins, dont la fabrication de compétence, avec les écoles de production comme réponse potentielle", explique le président de Fask Jocelyn Meire.

Non sans mal, 650 mètres carrés sont identifiés et adaptés dans le XIVe arrondissement de Marseille. L'établissement produit notamment des tabliers pour traiteurs et restaurants renommés de la cité phocéenne, ainsi que des tee-shirts pour la marque Engagés Engagées. Ouvrant la voie, via la montée en compétence des élèves, à des collaborations plus techniques autour de polos et autres pièces plus complexes. Comme ses confrères EDP, Fask est d'ores et déjà régulièrement sollicité par les entreprises locales.


Une seconde vague d’écoles de textile et maroquinerie en septembre 2023



Quid de la maroquinerie, porte-étendard du luxe à la française? L'Institut de formation technique de l’Ouest (IFTO) de Cholet, EDP dédiée aux métiers de la chaudronnerie, souhaite dès septembre 2023 y consacrer un cursus. "Nous pensions au textile, mais nous avons eu beaucoup de demandes spécifiques venant d'acteurs locaux de la maroquinerie", explique le directeur de l'établissement Emmanuel Rouve. Il pointe que l'étude d'opportunités, nécessaire pour décrocher le feu vert, sera au cœur d’échanges prévus en février avec la Fédération nationale des écoles de production, tandis qu’une rencontre avec les industriels locaux se tiendra fin janvier.


L'école de production T'Cap T'Pro de Saumur - T'Cap T'Pro


Dans le cadre du plan France Relance, trois autres projets d'écoles de production textile ont été officialisés fin 2021, pour des rentrées en septembre 2023. L'un des projets est celui prenant place à Bressuire, dans les Deux-Sèvres. Et le calendrier de lancement du futur établissement devrait être tenu, indique à FashionNetwork.com l'Atelier des Talents de Bressuire, qui peut notamment compter sur le soutien de la maison de l'emploi du Bocage bressuirais, ainsi que celui du Club des entreprises locales.

Se prépare également une EDP textile made in Normandie à Vire, dans le Calvados, qui proposera à la rentrée 2023 des formations autour du vêtement flou, via les métiers de tailleurs et conducteurs d'installation de production. Une démarche notamment soutenue par Saint James, Kiplay (vêtement de travail), Filix (élastiques), Bagster (selle et bagagerie moto), le projet linicole Linportant, sans oublier les entreprises BS Production, Tricoterie du Val de Saire et Borney.

L'est du pays a également eu son projet d'école de production textile, prévue à l'origine pour la rentrée 2023. L'établissement devait s'installer à Remiremont (Vosges), au sud d'Epinal. Hélas, Vosges Terre Textile indique à FashionNetwork que le projet n'est plus d'actualité, même si d'autres initiatives de formation se profilent localement. En attendant, l'est de l'Hexagone compte, avec l'établissement Saint Eloi d'Annecy, la seule école de production dédiée à la joaillerie. Les trois futures écoles textile seront quant à elles entendues en février par la FNEP, qui peut accorder un "pré-label" aux futurs établissements.

Déficit de notoriété et freins au recrutement



Reste que les écoles de production souffrent de plusieurs freins. A commencer par un déficit de notoriété pour ce modèle de formation très encadré. Problème qui tend cependant à se résorber avec l'apparition progressive de nouveaux établissements régionaux.

La plupart des chefs d'établissement contactés évoquent par ailleurs des résistances venant de certains acteurs de l'éducation et de l'orientation. Non pas une méfiance liée à des productions effectuées par des mineurs. Mais davantage aux dérives que certains associent encore spontanément à tous établissements non public. Sans oublier le rejet, par certains, d'écoles de productions perçues comme concurrentes des BTS mode ou textile, licence, DUT et autres brevets professionnels déjà délivrés dans des établissements de formation plus installés (voir le "Guide d'Orientation" produit par le Comité Stratégique de Filière).

"Certains ne veulent pas entendre parler de nous", confie l'un des dirigeants. Un autre évoque des annulations de visites scolaires "sur consigne des directions d'établissement". De l'avis général, il s'agit souvent d'un problème de personne, rapidement levé quand des rencontres sont acceptées.


L'école de production Fask de Marseille - Fask


"Il y a des régions où tout se passe très bien, où des établissements nous adressent des jeunes. Dans d'autres, les forums de formation organisés dans les collèges ne nous sont pas ouverts", explique Agnès Carret, responsable label et qualité de la FNEP.

"Nous sommes reconnus par l'Etat, on nous connaît de mieux en mieux, même si l'Education nationale ne nous référence pas encore dans ses dispositifs d'orientation. A nous de faire comprendre qu'il n'y a pas d'école s'il n'y en a pas localement un besoin", souligne la responsable, qui voit dans les réindustrialisations textiles tricolores le premier vecteur de création d'écoles de production ces dernières années.


C'est dans ce contexte qu'à Marseille Jocelyn Meire organisait en mars 2022 la "Journée des métiers de la mode", invitant les autres formations textiles locales à venir présenter leurs curcus. "C'était une manière de dégeler les relations, de montrer que nous apportons un modèle complémentaire, sachant qu'en plus nous n'aurons jamais plus de douze élèves", indique le dirigeant, qui renouvellera l’opération en mars 2023. Et pour qui la seule solution vis-à-vis des établissements scolaires est d'aller individuellement à leur rencontre. "Ce qui demande énormément de temps".

Outre le recrutement d'élèves se pose la question du recrutement de professionnels qualifiés, amenés à être formés pour devenir des "maîtres professionnels" homologués. Les établissements contactés par FashionNetwork.com soulignent tous ce besoin en formateurs qualifiés, pédagogues, et à même de répondre aux besoins éducatifs de futurs professionnels aux parcours parfois complexes. Des professionnels en herbe, et pionniers des écoles de production, qui n'en sont pas moins attendus avec impatience par la filière française du textile-habillement. Qui depuis plus d'une décennie alerte sur ses difficultés de recrutement.
 

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