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20 juin 2016
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Etienne Cochet : "On parle toujours de Who’s Next, mais Première Classe va bien lui"

Publié le
20 juin 2016

A la tête de WSN Développement, l’organisateur de Who’s Next et Première Classe, depuis 15 jours, Etienne Cochet donne ses premières impressions sur l'avenir des salons de mode et d’accessoires, et sur ses premiers objectifs.
 

Etienne Cochet


FashionMag : Vous avez pris la direction générale de WSN Développement, qui était auparavant dirigé par ses fondateurs, Xavier Clergerie et Bertrand Foache. Quelles sont vos intentions ?
 
Etienne Cochet : Nous devons d’abord tenir compte d’un élément fondamental : l’image, le positionnement de Paris en termes de mode. Je l’ai vécu quand je dirigeais Maison & Objet (salon international de la maison à Villepinte, ndlr). Paris et la mode sont intimement liés. Plus que Milan, Tokyo ou New York. J’ai fait le tour de ces capitales quand j’étais président de Paris Capitale de la Création (association qui rassemble nombre de salons et manifestations parisiennes de mode ndlr), on sent très vite que Paris a un capital unique. Il est donc logique et essentiel qu’un salon puisse rayonner à partir de Paris. C’est essentiel pour la Ville et pour la France aussi.

FM : Pourtant, si vous avez été nommé à la tête de WSN Développement, c’est qu’il y a des raisons ? Que tout ne va pas bien ?
 
EC : Il ne vous aura pas échappé que la situation économique est difficile en France. Les détaillants souffrent. Globalement, les médias salons n’ont pas été ces dernières années dans le sens d’un renforcement. On peut évoquer le Bread & Butter, qui a disparu à Berlin. Certes, il y a d’autres salons dans cette ville, mais ils rayonnent globalement sur le marché germanique. Face à la compétition internationale, Paris n’a donc pas démérité.
 
FM : Quelle stratégie comptez-vous mettre en œuvre ?
 
EC : D’abord, je viens d’arriver ! Mais je peux faire des constats. D’abord, on parle toujours de Who’s Next, mais Première Classe, notre salon d’accessoires, qui est l’équivalent de la partie prêt-à-porter, va bien lui. Il se tient quatre fois par an avec la première et la seconde session. De plus, il n’a pas de concurrent international ! Nous devons capitaliser sur ses bons résultats. Le mettre davantage en avant. Pour la partie habillement, sans doute, nous devons restructurer. La fusion des deux salons Who’s Next et Prêt-à-Porter Paris était inéluctable. Mais elle est tombée au début des problèmes qui ont affecté la distribution. Il y a quand même des marques qui marchent bien dans cette partie habillement. Il faut sans doute réorganiser le salon, peut-être concentrer. Il faudra donner une impulsion créative, même si la créativité passe d’abord par la seconde session.
 
FM : Sur la seconde session justement, y aura-t-il de grands changements ?

 
EC : Il y aura sûrement des évolutions. Mais il n’y a pas d’urgence particulière. La difficulté sur cette seconde session est d’éviter l’éparpillement pour faciliter la vie, rude, des acheteurs. Déjà, nous sommes aux Tuileries, sur un seul lieu. Mais il faut une vraie réflexion entre nous et les autres salons et showrooms. On doit éviter la dispersion, faciliter la vie des acheteurs, des journalistes. Des réflexions sont en cours.
 
FM : Donc, c’est surtout la première session qui vous interpelle ?
 
EC : Pour les raisons que je vous donnais tout à l’heure, l’exposant s’interroge du fait qu’il ne fait pas au salon le même chiffre qu’il y a dix ans. Mais c’est normal malheureusement. Il y a moins de clients. Il faut donc trouver le moyen de dynamiser la manifestation. Je vous l’ai dit, Première Classe est un atout. Il faut peut-être réfléchir à une mixité homme-femme, qui est tendance aujourd’hui. On le voit au niveau des défilés. Si la mixité est une tendance de fond, le salon doit la refléter. On peut aussi organiser le salon différemment, comme je l’ai fait à Maison & Objet. On va travailler à tous ces changements, visibles évidemment pas avant l’an prochain.
 
FM : Les salons virtuels se développent ainsi que l’activité Web des salons traditionnels. Avez-vous des projets en ce sens ?
 
EC : On en a évidemment. Et on en aura. Mais le Web sera pour moi toujours un complément du salon physique. Je ne vois pas un salon virtuel remplacer le salon physique.

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