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22 oct. 2017
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Experienced Capital : "Nous visons 110 ouvertures l’année prochaine pour nos marques"

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22 oct. 2017

Le Slip Français, Balibaris, Figaret, Jimmy Fairly, Soeur, Maison Standards et Sessùn, la dernière en date l'été dernier : sept marques ont déjà intégré le portefeuille de participations d'Experienced Capital depuis sa création en février 2016. Tout en continuant leur recherche de nouveaux projets à financer, les fondateurs d’Experienced Capital s’attèlent désormais à propulser les marques dans lesquelles ils ont investi dans une relation de travail très proche avec celles-ci. Une démarche que Frédéric Biousse et Emmanuel Pradère, qui forment le trio fondateur avec Elie Kouby, ont commenté dans l’édition premium de FashionNetwork.com, tout en livrant leur analyse de la manière dont le luxe abordable et ses acteurs évoluent. Extraits choisis.

Frédéric Biousse et Emmanuel Pradère - Experienced Capital


FashionNetwork.com : Pouvez-vous nous parler du fonctionnement concret d’Experienced Capital ?

Frédéric Biousse :
Nous avons créé une petite famille de quatorze personnes, parce que notre histoire nous a enseigné qu’on ne peut pas réussir seul. Ce que nous proposons aux entrepreneurs, outre notre investissement bien sûr, c’est une palette d’experts, chacun sur un métier, qui leur apportent des solutions. Et ce ne sont pas des consultants qui ont été virés et qui cachetonnent pour faire quelque chose. Ce sont des gens qui travaillaient quand ils nous ont rejoint et qui aujourd’hui sont toujours à la fois dans le concret et dans la recherche permanente des dernières innovations, des spécialistes du retail, du digital, de la production, des plans de collection, des budgets, du développement… Grâce à notre légitimité, la confiance est déjà établie. Entre avril 2016 et septembre 2017, nous avons signé 113 magasins retail. Cette expérience de l’équipe permet d’aller dix fois plus vite.

Emmanuel Pradère : Pour nous, investisseurs, c’est un grand confort ce fonctionnement avec les experts. Parce que nous mettons de l’argent dans ces sociétés pour qu’elles se développent. Mais comme elles se focalisent sur les cibles que nous leur avons présentées, nous sommes sûrs qu’elles ne vont pas mal l’utiliser.
 
FNW : Vous êtes donc très actifs auprès de l’entreprise, par rapport aux investisseurs classiques ?

EP :
Il n’y a pas d’investisseur sur le marché qui soit aussi complet que nous en termes de support métier. Il y en a qui se présentent comme ayant des experts, mais ce ne sont pas des salariés à 100 % qui sont impliqués dans le fonds.

FB : Mais attention, il faut savoir que nous ne gérons pas les marques, sauf Figaret chez qui nous sommes majoritaires. Sinon nous sommes minoritaires partout. Nos trois conditions pour investir sont : un super produit identifiable; une « proof of concept », à savoir un point de vente retail qui fonctionne et serve de référence pour mesurer la rentabilité et la possibilité de le répliquer; et troisième chose, un manager droit dans ses bottes, avec de l’ambition. Le plus grand risque dans ce métier, c’est l’ego du fondateur ou de la fondatrice. A partir de là, on lui fournit une boîte à outils, mais c’est lui qui a le pouvoir. On a des accords avec les créateurs d'entreprise sur leur seuil d’autonomie. En dessous de celui-ci, ils font ce qu’ils veulent. Nous-mêmes, nous avons été à leur place, nous avons parfois eu des investisseurs qui nous ont étouffés… Un bon manager doit être libre. Et exemplaire.


Campagne automne-hiver 2017 - Soeur


FNW : 2018 s’annonce donc une année forte en développement. L'envisagez-vous soutenue par une reprise ?

FB :
Pour nos marques, nous visons encore 110 ouvertures l’année prochaine. Cela représente entre 300 et 400 recrutements à venir, si l’on compte aussi les équipes aux sièges. Nous faisons un appel à toutes les candidatures de tous les horizons, il est difficile de recruter dans le retail actuellement. Pour ce qui est de la conjoncture, c’est difficile. La consommation reprend, mais le marché du textile en particulier est très difficile… Nous sommes entrés dans des cycles promotionnels infernaux à l’anglo-saxonne. Et la nouvelle génération consomme tellement différemment. Je ne suis pas du tout sûr que la reprise soit si forte que certains le disent. On va voir ce qui se passe. Je crois qu’il y a quand même un petit risque d’embrasement en France, notamment de la jeunesse.

EP : Ce marché textile difficile, c’est aussi une opportunité pour nous. Notamment pour acquérir de beaux emplacements à des prix qui sont désormais plus attractifs. La clientèle du luxe accessible est relativement protégée, moins sensible à la conjoncture, et si l’on regarde le marché textile, c’est plutôt le luxe accessible qui croît au détriment du « ventre mou », comme les marques de Vivarte. Nous sommes sur LE créneau en croissance, donc optimistes.

FNW : Justement, comment définissez-vous aujourd’hui le luxe abordable avec le recul qui est le vôtre sur le phénomène ?

FB : Il s’est développé un luxe abordable beaucoup plus large maintenant, qui n’est plus une question de produit, mais plus une question de façon d’être. Vous êtes ce que vous consommez. Nos clientes qui allaient chez Sandro vont aussi maintenant chez Aesop, Jimmy Fairly, Apple, Parrot, Devialet, Voyageurs du Monde, ont des crèches privées pour les enfants, des écoles Montessori… Et surtout, tout le nouveau réseau food, les bistrots comme Le Richer, les commandes sur Frichti, la Maison Plisson…

C’est donc une façon d’être, une tribu mondiale qui se développe énormément en Chine, grâce aux lois anti-corruption, qui fait se tourner les clients du luxe vers le luxe abordable. Et dans le même temps, il y a l’émergence d’une nouvelle classe moyenne. Tout ça fait que le marché du luxe abordable, c’est l’Eldorado. Nous, Experienced Capital, nous intervenons là-dessus uniquement. Et on intervient d’autant plus facilement que c’est nous qui l’avons théorisé.

L'intégralité de l'interview d'Emmanuel Pradère et Frédéric Biousse est à retrouver dans la version Premium de FashionNetwork.com, à date du 19 octobre et du 20 octobre.

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