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2 juil. 2008
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Franck Sorbier privé de défilé

Publié le
2 juil. 2008

On ne badine pas avec l’amour mais on ne badine pas non plus avec la Haute Couture. Certains s’y sont essayés et le couperet vient de tomber. Le défilé de Franck Sorbier, attendu le 2 juillet, n’a pas eu lieu. Un caprice d’enfant ? Loin s’en faut. La désolation de l'’un des maîtres français de la Couture face à un réel manque de moyens financiers et dont l’origine trouve sa source dans le mépris de son principal actionnaire, Montaigne Fashion Group.


Franck Sorbier pose devant ses croquis - Photo : Pierre Verdy/AFP

Alors que la semaine des défilés parisiens vit en ce moment même dans un tourbillon de créations et de spectacles, le couturier a pris le parti de frapper fort. Une décision qu’il déplore bien évidemment, lui qui figure sur le calendrier officiel depuis bientôt dix ans. Mais la Haute Couture mérite des égards qu’il a souhaités rappeler au plus grand nombre.

Invités à découvrir la collection sur le site Internet, journalistes, amis et photographes ont pu lire : « faute de réels moyens financiers » les modèles du défilé Pasionara sont restés au stade de croquis. Le Cirque d’hiver, qui accueille traditionnellement les défilés poétiques de Franck Sorbier, a donc été le théâtre d’une « exposition ». Figés dans l’espace, les croquis de la collection posés sur leur chevalet, s’alignaient de part et d’autre de la salle, seuls témoins de la force créatrice du couturier. Deux modèles, Sainte Marie-Thérèse et Georges Sand, ont toutefois été confectionnés pour accueillir les quelques invités du couturier réunis au Cirque d’hiver.

A l’origine de ce coup de théâtre, une discordance magistrale entre le couturier et son actionnaire, Montaigne Fashion Group (MFG), propriétaire par ailleurs des marques Irène Van Ryb, Regina Rubens et récemment porté acquéreur de Stereo Panda. Arrivé en décembre 2007 dans la société Franck Sorbier SAS à la faveur d’une augmentation de 12 % du capital, Montaigne Fashion Group a pris, un mois après, 22 % des parts pour un montant avoisinant les 400 000 euros. Une prise de participation rémunérée cette fois non pas en numéraire mais par un échange de titres avec les actions de MFG.


Croquis du modèle Maria Callas pour la collection automne-hiver 2008/2009 de Franck Sorbier

Pour financer la collection automne-hiver 2008/2009 – celle qui devait normalement défiler le 2 juillet –, le couturier en appelle à ses actionnaires, dont le plus important MFG, lequel détient donc 34 % du capital. Des silences aux réponses hors contexte du groupe, dont la proposition de mettre à disposition de ses créations Haute Couture le réseau de distribution de prêt-à-porter de MFG, Franck Sorbier est obligé de jouer sa propre partie. Il cède les titres qu’il a reçus en contrepartie des 22 %. Une vente qui lui rapporte quelque 200 000 euros, soit une dévaluation de quasi-moitié de la valeur des titres qu'ils avait reçus en janvier de MFG.

Une somme par ailleurs largement insuffisante pour mettre sur pied des défilés de Haute Couture. En effet, ces derniers sont gourmands en capitaux et les fonds nécessaires ne se calquent pas sur les besoins du prêt-à-porter. De la confection à la scénographie, ils sont l’expression magistrale de la mode, le cœur névralgique de la création le temps de la Fashion Week parisienne. Et Franck Sorbier l’entend toujours ainsi.

L’histoire va continuer, avec la société Les amis de Franck Sorbier. En effet, les dix-sept actionnaires qui rassemblent aujourd’hui les 66 % de Franck Sorbier SAS ont choisi de s’unir. Au sein d’une structure commune, ils souhaitent faciliter le développement cohérent de la maison Sorbier. Des points de contact avec des investisseurs financiers auraient même déjà été établis.

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