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Galliano, le talent fou d'un couturier usé par la célébrité et les excès

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6 sept. 2011

PARIS, 6 sept 2011 (AFP) - John Galliano, l'un des couturiers les plus éblouissants de sa génération, a réécrit la légende Dior pendant une quinzaine d'années exubérantes et festives qui l'ont laissé usé par les excès, isolé et malade.

John Galliano
John Galliano. Photo : AFP

A son procès pour injures antisémites en juin à Paris, le Britannique, qui sortait d'une cure de désintoxication, disait ne pas reconnaître ce petit bonhomme rabougri et haineux, attablé dans un café parisien du Marais ivre mort, invectivant ses voisins en parvenant à peine à articuler.

Ces images d'une vidéo qui a largement circulé sur internet permettaient de mesurer la profondeur de l'abîme dans lequel l'ex-enfant chéri de la mode est tombé.

John Galliano, 50 ans, est jugé à la suite de deux plaintes liées à des propos tenus en octobre 2010 puis février dernier. La maison Dior a licencié son directeur artistique le 1er mars.

Avant la chute vertigineuse, Galliano avait propulsé au sommet des griffes du luxe la vénérable maison Christian Dior, sur l'image de laquelle il a régné sans partage, de la mode aux très lucratifs accessoires et parfums.

Son excentricité purement "british" et une énergie créatrice hors du commun ont longtemps fait de ses défilés l'apogée des collections parisiennes.

Galliano, de son vrai nom Juan Carlos Galliano, est né en 1960 à Gibraltar dans une famille modeste: Son père Juan, anglo-italien, est plombier de profession, sa mère Anita, espagnole, est amatrice de flamenco.

Arrivé dans le sud-ouest populaire de Londres à l'âge de six ans, le garçon timide a bien du mal à trouver ses repères. "Les gens d'ici ne comprenaient pas du tout d'où je venais", confiait-il. Sa mère fantasque l'endimanche au moindre prétexte, comme ses soeurs Rosemary et Immacula.

Après la prestigieuse Saint Martins School de Londres, où sa collection de fin d'études "Les Incroyables", inspirée de la Révolution française, fait sensation, il lance sa marque de prêt-à-porter en 1984.

Chacune de ses collections est accueillie comme un événement en Angleterre et, en 1987, le British Fashion Council le nomme "designer" de l'année, première de très nombreuses distinctions.

En 1990, il s'installe à Paris et change plusieurs fois de financiers, avec l'aide notamment de l'influente rédactrice en chef de Vogue Anna Wintour, avant d'être repéré par Bernard Arnault, patron du numéro un mondial du luxe LVMH, pour remplacer Hubert de Givenchy en 1995.

L'année suivante, c'est la consécration: il prend les rênes de la création chez Dior. La première tenue qu'il réalise est une robe portée par Lady Diana à l'occasion des 50 ans de la griffe.

Au fil des collections, John Galliano se distingue par son art sidérant de la coupe, ses mélanges savants de matières nobles, l'éclat de ses couleurs. Quand d'autres stylistes se contentent de dessiner des modèles, il maîtrise parfaitement les techniques du drapé et du biais mis au point par Paul Poiret ou Madeleine Vionnet.

"Il est dans la générosité, le débordement", dit de lui l'historienne de la mode Florence Muller. "Il y a un côté très punk chez lui" qui le conduit à aller "jusqu'au bout de ses fantasmes", avec parfois "une grande violence" mais aussi "une grande authenticité".

Ses défilés sont de véritables spectacles, qui choquent parfois, comme la collection "Clochards" (2000), inspirée des haillons des sans-abri. Pour saluer, ce dandy provocateur, soigneusement maquillé, se met toujours en scène dans des tenues étonnantes.

Aujourd'hui excommunié du milieu de la mode -- il a même été écarté de sa marque éponyme, qui appartient à Dior --, John Galliano a renoué timidement avec son art pendant l'été, en créant la robe de mariée de son amie Kate Moss. "Je ne pouvais même plus tenir un crayon. Cela a été ma réhabilitation créative", a-t-il confié à Vogue.Par Gersende RAMBOURG

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