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HappyChic, un groupe en voie de restructuration

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6 avr. 2018

Remue-ménage chez HappyChic : les syndicats du groupe d’habillement nordiste, CFDT, CGT et FO, se sont réunis le vendredi 6 avril pour alerter les salariés et l’opinion sur le flou jeté, selon eux, par la direction sur l’avenir des marques, alors que celle-ci projette de fusionner ses enseignes masculines Jules et Bricecomme nous vous l’annoncions jeudi dans notre newsletter Premium.


L'enseigne Jules, née en 2000, vise les hommes de 18 à 40 ans - Jules


Les trois syndicats ont organisé une action dans le centre-ville de Lille, dans l'artère commerçante de la rue de Béthune, où sont regroupés trois magasins du groupe (Jules, Brice et Bizzbee). La presse locale a été conviée. « Nous sommes en colère, on ne nous dit pas les choses, regrette un délégué syndical, précisant que le groupe emploie près de 3 500 personnes. Les chiffres seraient catastrophiques et les salariés sont inquiets. S’il doit y avoir à terme des suppressions de postes, nous souhaiterions en être informés ».

Epaulé par le cabinet Prosphères depuis quelques mois, HappyChic prépare de fait sa mutation : les chaînes masculines Jules et Brice vont se rapprocher, l’enseigne mixte et urbaine Bizzbee va s’émanciper, tandis que La Gentle Factory – la jeune marque écoresponsable – vient d’être mise en vente.

« Les équipes de Jules et de Brice vont revêtir le même maillot. L’objectif est de reconstruire un modèle de prêt-à-porter masculin rentable », exprime Jean-Christophe Garbino, le leader de Fashion3, dans une interview à retrouver en intégralité sur FashionNetwork Premium. « Des études et tests sont et vont être menés sur ce nouveau socle que l’on appelle en interne Jules & Co. On réfléchit aussi à un nouveau concept, plus digital, ayant pour but de recruter une clientèle masculine plus large que celle concernée par Jules et Brice. Ce projet, nommé pour l’instant "One stop shop", sera développé à moyen terme ».

Un nouvel homme fort du cabinet de retournement d’entreprise Prosphères vient d’arriver au siège, en remplacement d’Hervé Chabrerie : il s’agit de Philippe Favre, qui était jusqu’ici au chevet de la marque Mellow Yellow et avait surtout mené le redressement de Grain de Malice (autre enseigne de la famille Mulliez), entre juin 2016 et octobre 2017. Un plan social touchant 177 emplois et incluant la fermeture de 39 magasins s’était concrétisé durant cette période.

Le rapprochement de Jules et Brice fait craindre aux syndicats une réduction du parc de magasins, puisque de nombreux points de vente des deux marques ne seraient pas rentables : 90 unités sur 450 pour Jules, et 26 sur 200 pour Brice. « Vous dire que les magasins non rentables fermeront tous, ou pas, ce n’est pas encore possible. Savoir si on conservera telle ou telle adresse dans une ville, cela n’est pas défini non plus », commente Jean-Christophe Garbino, qui prend désormais plus particulièrement la direction générale de l’entité Jules/Brice, avec une implication opérationnelle. 

L’ex-directeur général de Kiabi pointe « une baisse du trafic en magasin et l’émergence de nouveaux concurrents, dans un environnement du retail en mutation ». Le début d’année a été selon lui particulièrement difficile pour le groupe aux 730 magasins, qui génère près de 700 millions d’euros de ventes annuelles.

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