×
5 399
Fashion Jobs
Par
AFP
Publié le
14 déc. 2011
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Hermès a enfilé son armure pour contrer l'attaque de LVMH

Par
AFP
Publié le
14 déc. 2011

PARIS, 14 déc 2011 (AFP) - La famille Hermès a enfilé son armure, en annonçant mercredi la naissance de sa holding H51 pour contrer les appétits de LVMH, entré sans crier gare dans son capital il y a un an et monté depuis à 21,4%.

LVMH, Hermès
Photo AFP

C'est l'aboutissement d'une lutte d'un an pour le sellier du Faubourg St-Honoré, fabricant des célèbres carrés de soie, qui ne digère pas l'intrusion du numéro un mondial du luxe dans cette maison de famille fondée en 1837.

Le 23 octobre 2010, LVMH indiquait avoir acquis plus de 17% du capital du sellier, "sans avoir jamais annoncé aucun franchissement de seuil", et face à "la soudaineté de l'attaque", il a fallu "rassurer les collaborateurs et les fournisseurs du groupe", rappelait Hermès mercredi.

Deux mois après l'annonce fracassante de LVMH, Hermès lançait son projet d'une holding parefeu. Un parcours jalonné d'étapes juridiques sur fond d'âpres discussions familiales s'est alors engagé, sous le regard amusé de LVMH, qui nie toute ambition d'une prise de contrôle, quoi qu'en disent Hermès et autres analystes financiers.

L'opération de LVMH sur Hermès en a choqué beaucoup. La Commission européenne a proposé fin octobre une mesure visant à empêcher des prises de contrôle "opaques" de sociétés cotées. Les députés français ont planché eux aussi sur des règles d'obligation de déclaration. Car LVMH a acquis discrètement ses parts dans Hermès grâce à des instruments financiers complexes baptisés "equity swaps".

Baptisée H51, la holding familiale est effective depuis mardi et regroupe 50,2% du capital d'Hermès International. Une première assemblée générale a eu lieu. Cinquante-deux héritiers actionnaires du fondateur Thierry Hermès ont apporté des parts. Julie Guerrand, membre de la 6e génération de la famille Hermès et directrice Corporate Development du groupe, a pris la présidence de la société.

LVMH, propriétaire de marques prestigieuses comme Louis Vuitton ou Guerlain, se refusait mercredi à tout commentaire.

Certains analystes parient sur des bisbilles familiales et estiment que le temps jouera pour Bernard Arnault, qui pourrait un jour ramasser la mise.

Au conseil d'administration de H51 siègeront Bertrand Puech, président du conseil de surveillance d'Hermès, Axel Dumas, directeur général des opérations du sellier, Laurent Momméja, qui dirigeait la branche arts de la table jusqu'à fin 2008, Charles-Eric Bauer et Eric de Seynes.

Premier actionnaire individuel de la famille avec 6%, Nicolas Puech, installé en Suisse et qui figure parmi les 300 personnalités les plus riches de ce pays selon un classement récent, n'a pas voulu entrer dans la holding. Il y voit une prison dorée. La famille récuse tout risque que le solitaire vende un jour au groupe du milliardaire Bernard Arnault. "Il ne le fera pas", assurait récemment à l'AFP Me Philippe Ginestié, avocat du groupe.

Les membres de la holding ont immobilisé 50,2% des actions dans H51 et la holding aura un droit de préemption sur 12,3% supplémentaire du capital de Hermès International.

Au total, la famille Hermès détient 72-73% du capital, contre 21,4% pour LVMH, le reste (moins de 7%) circule en Bourse.

Chaque année, un tiers des dividendes versés par Hermès à H51 serviront à racheter des actions détenues par les membres de la famille.

L'Adam, association des actionnaires minoritaires, a déposé le 10 novembre un pourvoi en Cassation (non suspensif) contre ce montage.Par Audrey KAUFFMANN

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2022 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.