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8 déc. 2015
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Jean-Jacques Picart : "Les jeunes peuvent écrire tout de suite à leur manière"

Publié le
8 déc. 2015

Il fut sans nul doute l’une des personnes les plus influentes dans la mode hexagonale sur les quarante dernières années. Jean-Jacques Picart, à 70 ans, a décidé de tourner la page en cette fin 2015 en arrêtant son activité de conseil et en se mettant en retrait. Une décision sérieusement mûrie depuis plus d’un an à la lumière d’une évolution du secteur de la mode qu’il prend manifestement toujours plaisir à commenter.

Jean-Jacques Picart


FashionMag.com : Vous  avez travaillé pour de nombreuses maisons avant de créer la Maison Christian Lacroix avec le créateur bien sûr, et LVMH. Vous avez accompagné via votre société de conseil, créée en 1999, de nombreuses marques et créateurs. Pourquoi aujourd’hui décider d’arrêter ?
 
Jean-Jacques Picart : Depuis de nombreux mois, je constatais que je me trouvais moins en phase avec beaucoup de mes clients, que ce soit des marques importantes ou des groupes célèbres. A contrario, je partageais davantage les rêves des jeunes créateurs ; je me sentais plus proche en quelque sorte de la manière dont ils appréhendaient leur métier. J’avais surtout une volonté : ne pas être dépassé par ces changements. Pour moi, il était important donc d’arrêter une activité permanente pour continuer à aimer ce métier. Et puis j’entends être un spectateur enthousiaste, critique à certains moments. Disons que je me sens plus observateur de l’ONU que casque bleu !
 
FM : Justement, comment jugez-vous le secteur de la mode aujourd’hui ?

JJP : Il y a une vraie rupture, avec des pages non écrites. Si je peux faire une comparaison, j’avais à peine 20 ans en mai 1968. Et je me souviens que beaucoup des discours des politiciens de l’époque ne correspondaient pas à ma génération. Nous vivons par exemple sur les schémas tapis rouge, célébrités, défilés tous les deux mois, etc. Est-ce que ce ne sont pas des recettes d’hier ? Et puis il y a eu aussi un autre grand changement : la mode est toujours importante bien sûr, mais elle n’est plus prioritaire dans les préoccupations des gens et pour leur bonheur. On le voit bien chez les trentenaires. Ils peuvent trouver une jupe sympa chez Zara à 22 euros et préféreront parallèlement faire quatre jours au ski.
 
FM : Cela vous rend pessimiste pour le secteur ?
 
JJP : Pas du tout. C’est une nouvelle page qu’il faut écrire. Il est vrai aussi, certes, que depuis quatre à cinq ans, nous vivons dans une période d’anxiété qui touche d’ailleurs tous les secteurs et pas seulement la France non plus. Les rachats de sociétés se multiplient, la concurrence est multiple. Ce qui est vrai un jour ou le matin n’est plus vrai quelques heures après. Le jeu de chaises musicales touche plus que jamais les directeurs artistiques, mais aussi les managers depuis deux ou trois ans. Il faut pouvoir s’adapter.
 
FM : Cette anxiété, ce mood, touche tout le monde y compris les grands groupes. Qui est le mieux armé pour faire face, ces groupes ou les jeunes créateurs ?
 
JJP : Un peu les deux sans doute. Les grandes marques et les grands groupes ont les moyens de voir venir. Ils ont déjà des échéances moins cruciales. Et puis ils peuvent tester par exemple une collection en série limitée avant de la lancer en grand. Il faut seulement que le dirigeant de la société adhère. Pour les jeunes générations, c’est peut-être plus facile en fait.
 
FM : C’est-à-dire ?

 
JJP : Quelqu’un comme moi doit abandonner son ancienne manière d’écrire pour faire face au changement. Les jeunes peuvent écrire tout de suite à leur manière. Ils ne s’en privent pas d’ailleurs.
 
FM : Vous trouvez les jeunes créateurs d’aujourd’hui très différents  de leurs aînés ?
 
JJP
 : Ils ne sont pas différents pour tout. Ils ont toujours un tempérament égocentrique, sont très fragiles, très travailleurs aussi. Et très intelligents. Mais leurs priorités de penser et d’action ne sont pas les mêmes. Il y a de nombreuses années, un appel de la secrétaire d’Anna Wintour à un créateur pour le convier à un dîner à New York dans la semaine suffisait à ce que celui-ci prenne un billet d‘avion et accourt. Aujourd’hui, ça ne marcherait plus. Certes, il n’a pas forcément les moyens de payer le billet, mais il trouvera aussi que l’invitation arrive un peu tard et il aura surement mieux à faire comme aller au cinéma ou dîner avec des amis.
 
FM : Que pensez-vous aujourd’hui de la création elle-même ?

 
JJP : Peut-être la mode est un peu trop sage. Cette génération est sans doute un peu trop rationnelle. Elle apporte des vêtements créatifs, mais portables ! La valeur d’usage du vêtement est importante. C’est aussi une manière de déculpabiliser la cliente potentielle qui entre dans une boutique. Peut-être aussi les gens regardent trop l’écran de leur ordinateur plutôt qu’une fille qui passe dans la rue. Mais c’est logique, la mode ne peut être déconnectée du monde d’aujourd’hui. Un jour, la fantaisie reviendra. Et force est de constater que ça m’excite plus de regarder que de faire.

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