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John Galliano a réécrit l'histoire Dior avec une excentricité toute "british"

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AFP
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19 juin 2011

PARIS, 19 juin 2011 (AFP) - En 15 ans, John Galliano a réécrit la légende Dior avec une excentricité purement "british" et une énergie créatrice hors du commun, faisant longtemps de ses défilés somptueux et extravagants l'apogée des collections parisiennes.

L'enfant chéri de la mode sera jugé mercredi par le tribunal correctionnel de Paris pour injure à caractère antisémite, après deux plaintes suite à des propos tenus en octobre 2010 et en février dernier. La maison Dior a licencié son directeur artistique le 1er mars.

A 50 ans, John Galliano peut se vanter d'avoir propulsé au sommet des griffes du luxe la vénérable maison Christian Dior, propriété de Bernard Arnault, sur l'image de laquelle il a régné sans partage, depuis la mode jusqu'aux très lucratifs accessoires et parfums.



Christian Dior, John Galliano
Dior, automne-hiver 2008/2009 (photo Pixel Formula)


John Galliano, de son vrai nom Juan Carlos Galliano, est né en 1960 à Gibraltar d'un père anglo-italien, plombier de profession, et d'une mère espagnole, amatrice de flamenco.

Après des études à la prestigieuse Saint Martins School de Londres, où sa collection "Les Incroyables" inspirée de la période post-révolutionnaire française fait sensation, il lance sa marque de prêt-à-porter en 1984.

Chacune de ses collections est accueillie comme un événement en Angleterre et, en 1987, le British Fashion Council lui attribue le titre de "designer" de l'année. Deux ans de suite, en 1988 et en 1989, il reçoit le prix Cristobal Balenciaga en Espagne.

En 1990, il s'installe à Paris, où il pense pouvoir exercer sa profession sans contrainte et présente une première collection, dans un petit studio à la Bastille. Il changera plusieurs fois de financiers avant d'être repéré par Bernard Arnault, le patron du numéro un mondial du luxe LVMH, pour remplacer Hubert de Givenchy en 1995.

L'année suivante, c'est la consécration: il prend les rênes de la création chez Dior, le fleuron du groupe. Le premier vêtement qu'il réalise est une robe qui sera dévoilée sur Lady Diana à l'occasion des 50 ans de la griffe.

Au fil des ans, John Galliano a acquis une renommée pour son art sidérant de la coupe, ses mélanges savants de matières nobles, l'éclat de ses couleurs. Il maîtrise les techniques du drapé et du biais inspirées de couturiers comme Paul Poiret et Madeleine Vionnet, avant d'évoluer dans ses inspirations.

"Il est dans la générosité, le débordement", dit de lui l'historienne de la mode, Florence Muller. "Il y a un côté très punk chez lui" qui le conduit à aller "jusqu'au bout de ses fantasmes", avec parfois "une grande violence" mais aussi "une grande authenticité".

Ses défilés sont de véritables spectacles, qui choquent parfois, comme la collection "Clochards" (2000), inspirée des haillons des sans-abri.

A la fin de chaque présentation, pour saluer ses invités, ce dandy provocateur, soigneusement maquillé, aime se mettre en scène dans des tenues étonnantes.

A propos des clientes, il confiait: "J'aime les femmes fortes, indépendantes. Celles qui contrôlent leur vie".

Pour le couturier Jean-Paul Gaultier, John Galliano a montré dans son travail qu'il n'était pas un "raciste, mais tout le contraire", avec des collections inspirées des quatre coins du monde.

"Toute ma vie, je me suis battu contre les préjugés, l'intolérance et les discriminations, auxquels j'ai moi-même été confronté", avait assuré Galliano après l'affaire.Par Marie-Dominique FOLLAIN

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