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Julien David, une mode entre streetwear et luxe

Publié le
today 16 janv. 2013
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PARIS, 16 jan 2013 (AFP) - La flanelle grise de belle qualité est là mais le costume a pris des libertés avec les codes. La collection de Julien David, présentée mercredi, premier jour des défilés masculins parisiens, se veut un savant mélange entre streetwear et luxe. A croire que le jeune créateur veut jeter des ponts entre les styles comme il en a jeté entre les continents.

Né à Paris en 1978, Julien David part juste après le bac vivre à New York où il travaille dans le graphisme avant de suivre les cours de la célèbre école d'art et de design Parsons dont il sort en 2003. Il travaille ensuite pour quelques créateurs dont Ralph Lauren et Narciso Rodriguez mais un court séjour au Japon change sa vie.

En 2006, il s'installe à Tokyo où il crée deux ans plus tard sa propre société sans l'aide de personne. D'abord des foulards, puis des manteaux pour femmes. Aujourd'hui, il propose deux lignes complètes hommes et femmes et vend 40% de sa production au Japon.

Julien David automne-hiver 2012-2013 (photo PixelFormula)


Trilingue - français, anglais et japonais - ce créateur amateur de musique et d'art contemporain est visiblement content de revenir en France même s'il "juge plus facile de créer loin de son pays car on subit moins d'influences".Ses silhouettes sont "relax, loin du corps, les costumes n'ont ni épaulettes, ni structures pour plus de liberté", expliquait lundi le créateur à l'AFP fraîchement débarqué de Tokyo et déjà en train de sélectionner ses futurs mannequins. Pas d'agences à l'horizon d'ailleurs mais un casting fait "dans la rue" pour avoir "des gens normaux", souligne ce fan de skateboard. Un à un, ils essaient donc: là un manteau en laine angora dont la doublure intérieure est thermocollée pour être imperméable, là un costume en flanelle tellement légère que la chemise peut se porter sans veste tandis que le pantalon très fluide à la taille basse est à mi-chemin entre un chino et un sarouel. "Une sorte de version street du costume!", s'exclame-t-il. "Mes collections mélangent le streetwear et le luxe. Les modèles ont l'air street mais en fait tout est très travaillé", dit le créateur qui présente sa troisième collection masculine mais défile pour la première fois. "Toutes les matières proviennent des meilleurs fabricants japonais: dans le nord pour la laine, le centre pour la soie et le sud pour le coton" poursuit-il.

La clientèle visée est jeune pour l'essentiel. "Au Japon, les hommes sont plus aventureux au point de vue vestimentaire qu'ailleurs et ils dépensent plus", raconte Julien David qui avoue passer 75% de son temps à gérer sa société ou assurer le suivi de la production contre 25% à créer. "Mais cela me rend aussi plus attentif quand à mes choix créatifs", glisse-t-il. L'été dernier, il a remporté le prestigieux Grand prix de l'Andam qui lui a rapporté 230.000 euros. De quoi défiler à Paris pour la femme et désormais pour l'homme. Voire de réfléchir à produire plus en France par exemple "selon le développement de ses lignes", ou d'une manière plus générale passer plus de temps en Europe. La décision trotte déjà dans sa tête.



Par Dominique AGEORGES

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