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6 juin 2013
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Karl-Heinz Müller (Bread&Butter): "Un salon est toujours le reflet du marché"

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6 juin 2013

Il y a un mois, le communiqué de presse tombait dans les rédactions. Le Bread&Butter accueillera en juillet le groupe danois Bestseller connu pour ses marques Jack & Jones et Vero Moda. Celui-ci occupera les 6000 mètres carrés du Hangar 1 de l'aéroport Tempelhof de Berlin. Une bombe en quelque sorte pour les habitués du Bread&Butter, alors que le patron charismatique avait en novembre 2012 refusé 120 exposants plus ou moins fidèles en arguant que leurs collections et leur esprit ne correspondaient pas à la communauté du Bread&Butter. C'est par écrit que Karl-Heinz Müller, également détaillant avec ses magasins concept-stores 14 OZ et sa franchise Closed, a pris le temps de répondre à nos questions.


Karl-Heinz Müller. (Photo DR)



FashionMag.com : En novembre vous aviez annoncé redevenir sélectif. Environ 120 exposants n’ont pu exposer en janvier 2013. Comment expliquez vous aujourd’hui la venue de Bestseller sur 6000 mètres carrés ?
Karl-Heinz Müller : C’est exact pour janvier 2013 où nous nous sommes séparés de 120 exposants environ. En tant que salon leader dans le domaine de la mode street et urbaine, le Bread&&Butter doit adapter son offre aux besoins du marché et donner les bonnes impulsions. La liste de clients du groupe Bestseller compte plus de 12000 boutiques, magasins, maisons de mode et de prêt-à-porter et ce dans 53 pays. De fait, Bestseller est l’un des partenaires les plus importants pour le détail international. Avec eux, nous avons pu gagner un exposant attractif.

FM : Le marché évolue. Jusqu’à quel point les salons européens doivent-ils changer leur positionnement ?
KHM : Évidemment que le marché change. La mode signifie changement. C’est de cela d’ailleurs que vivent les industriels et les distributeurs. Le renouveau permanent, c’est justement ça le commerce. Un salon est toujours le reflet du marché. Un salon leader doit cependant également montrer les tendances. Ainsi, il y a un an avec Tempel of Denim nous avions clairement montré l’importance à venir de la toile bleue. Aujourd’hui, c’est clair que nous avions raison. Le Denim est le thème dominant de toutes les collections.

FM : Les détaillants visitent bien souvent les salons pour découvrir de nouvelles marques. Bestseller a des showrooms dans de nombreuses villes. A quoi doivent s’attendre les visiteurs pour la session de juillet ?
KHM : Chaque détaillant vient sur un salon pour découvrir des nouveautés mais également pour soigner ses relations avec des fournisseurs existants. Et, sur ce point, la taille des magasins ne joue pas de rôle. Toutes les marques qui comptent ont leurs showrooms dans les villes mode et pas que Bestseller. Cela ne remplace pas un salon. Cela, les marques le savent bien sinon elles n’exposeraient pas. Le Bread&Butter présentera une centaine de nouveaux exposants qui seront là pour la première fois. Les visiteurs trouveront un portefeuille de marques qui ont du succès dans le domaine du street et de l’urbain.

FM : Avez-vous reporté votre projet d’un pendant féminin au LOCK ? Pour quelles raisons ?
KHM : Au sein du Lock (espace dédié aux griffes authentiques souvent issues du workwear ndlr.) se retrouvent plus de 100 marques et labels. Nous avons atteint les limites en termes de capacité d’accueil. Dans ce hall, se côtoient par exemple plus de 30 marques de denim, du vintage à l’authentique en passant par les lignes modernes et plus clean. Les exposants y sont de France, du Royaume-Uni, d’Italie, de Scandinavie, des Pays-Bas, d’Allemagne, des États-Unis, du Japon et de Corée. Il sont nombreux à avoir une collection femme ainsi Adriano Goldschmied, Denham the Jeanmaker, Levi’s Made&Crafted, Nudie Jeans, Blauer, Windsor, Gloverall ou encore Tricker’s. Dans la plupart des cas, le commercial en interne n’est pas organisée par sexe. Rien que pour cette saison, il est difficile de faire un hall femme séparé de l’homme.

FM : Combien d’exposants au final attendez vous ? Combien de nouveaux ?
KHM : Nous aurons environ 600 exposants dont 20% de nouveaux.

FM : Y aura-t-il de nouveaux segments ?
KHM : Non, nous maintenons notre segmentation qui a montré sa justesse.

FM : Votre campagne cette saison s’appelle Connect. Que se cache derrière ce nom ?
KHM : Connect signifie que le Bread&Butter est le plus grand Meltin’pot dans le street et l’urbanwear. Les marques rencontrent les acheteurs, et inversement, les journalistes échangent avec les exposants. Des fournisseurs proches du secteur sont également de la partie. Les médias modernes jouent un rôle de plus en plus important, à l’image des réseaux sociaux. Les blogs sont devenus un élément permanent de la scène. Depuis de nombreuses années, notre site internet donne accès à celui des exposants. Ce n’est que le début, l’évolution se poursuit. Sur ce point, notre campagne met l’accent.

FM : Pensez-vous à lancer un salon en ligne à l’image du Pitti et de son e-pitti ou bien à Paris du New Black ?
KHM : Un salon vit d’exposants et d’acheteurs. C’est un point de rencontre physique. En ce lieu, du business est fait, des transactions avancent, et des opinions sont échangées. Fashion Business is People’s Business. Les services en ligne et les réseaux sont importants mais doivent être très bien travaillés, concentrés sur l’essentiel et apporter des avantages complémentaires. Une plateforme virtuelle ne peut pas remplacer un salon réel. A l’image d’un site de e-commerce qui ne peut remplacer une boutique réelle bien menée. Nous continuerons de développer nos services on line mais également sur le site (de l’aéroport Tempelhof). Le Bread&Butter reste un salon de personnes à personnes.

FM : A quel point les salons doivent, selon vous, proposer des espaces aux franchiseurs ?
KHM : Pour moi et contrairement à l’Asie, je ne vois pas en Europe d’intérêt à une manifestation dédiée aux franchiseurs. De nombreux exposants chez nous proposent également des formules de franchise. Pour ce circuit de distribution, nous ne devons pas prévoir de segment séparé. Ainsi des Marc’o Polo et des G-Star sont intégrés à l’offre globale du salon.

FM : Pour certains profils de visiteurs, l’entrée ne devrait plus être gratuite. Pouvez vous expliquer davantage votre remarque de janvier ?
KHM : Depuis plus de six ans, depuis notre arrivée alors à Barcelone, le Bread&Butter n’a plus fait payer les entrées. Via un prélèvement, les exposants participent au financement de notre Guest Management et ce en plusieurs langues. Pour ainsi dire, les exposants invitent les acheteurs. En raison du poids international qu’a pris la manifestation viennent de plus en plus de fournisseurs de services à Berlin, de tisseurs, de promoteurs et agents immobiliers, d’architectes, d’agence de presse et de marketing, de commerciaux des secteurs de la publicité des maisons d’édition. Ces personnes se servent toutes de notre force et des opportunités offertes par notre plateforme. Nous avons décidé d’imposer dorénavant aux fournisseurs et autres, proches de notre branche, un ticket d’entrée à 500 euros. Ils sont appelé à apporter leur participation à la manifestation. Les exposants, via les loyers des stands, participent également et ce énormément, et sans eux une telle manifestation ne serait pas possible. Pour les acheteurs et les journalistes qui reportent sur les thématiques concernées, le bread&Butter, en s’enregistrant au bon moment, reste bel et bien gratuit.

FM : En tant que détaillant visitez-vous encore chaque saison des salons. Internet vous permet-il depuis chez vous de découvrir les nouvelles griffes ?
KHM : Bien sur, je visite des salons à Florence, Milan, Paris, Tokyo et New York. Cela ne peut être substitué par le web. Je dois voir et toucher les pièces, parler et négocier avec des personnes. Je me sers d’internet comme source d’information.

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Tags :
Mode
denim
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