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13 févr. 2017
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Kering Eyewear : l'intégration de l'activité lunettes s'avère une stratégie payante

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13 févr. 2017

Les dirigeants de Kering se sont montrés plus que satisfaits vendredi dernier, à l’occasion de la publication des résultats annuels du groupe de luxe. Non seulement par les résultats enregistrés l’an dernier qui ont atteint un record à 12,38  milliards d’euros de chiffre d’affaires, mais aussi du fait des premiers retours très prometteurs engrangés par Kering Eyewear, l’entité dédiée à l’activité lunettes de ses griffes, créée en 2014 en vue d'internaliser ce juteux segment géré auparavant en licence.

Un modèle de lunettes Gucci pour l'été 2017 - © PixelFormula


Depuis, les récents rapprochements survenus dans le secteur semblent avoir donné raison à cette initiative pionnière de Kering. Début février, son concurrent LVMH lui a emboîté le pas. Il a annoncé son intention de créer une coentreprise dans le domaine de la lunetterie, à partir de 2018, avec le fabricant italien de lunettes Marcolin autour des marques Céline et Louis Vuitton. En début d’année, Luxottica a de son côté annoncé sa fusion avec Essilor, le principal fabricant de verres européen. Une transaction estimée à 4 milliards d'euros.

"Comme l’illustrent ces mouvements récents, la validité de notre option stratégique autour de Kering Eyewear est validée, s’est réjoui le directeur financier du groupe Jean-Marc Duplaix. Notre modèle de gestion internalisée nous donne le contrôle sur toute la chaîne de valeur. En peu de temps, nous avons mis en route l’activation commerciale de 12 marques et lancé 5 collections avec 8 500 références, dont celle très réussie de Gucci."

La nouvelle société, pilotée par Roberto Vedovotto (ex-patron du lunetier Safilo) qui est aussi actionnaire à 30 %, s’est installée à Padoue, en Italie. Elle a repris notamment sous son aile les collections gérées en licence par Safilo, dont celles de Gucci, qui pesaient près de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires, mais aussi Saint Laurent, Bottega Veneta, Alexander McQueen et McQ. A celles-ci s’ajoutent les collections de Puma, Boucheron, Brioni, Christopher Kane, Pomellato, Stella McCartney et Tomas Maier.

La production a été confiée à 20 partenaires sous-traitants, en majorité en Italie, mais aussi au Japon. La logistique est assurée par trois centres régionaux, tandis que la distribution des collections touche 85 pays, dont 20 marchés servis en direct.

François-Henri Pinault et Roberto Vedovotto lors du lancement de la division lunettes - Kering Eyewear


Les investissements engagés pour la création de Kering Eyerwear, ainsi que les indemnisations versées à Safilo liées à l’arrêt du contrat de licence, ont pesé sur les comptes 2016 de Kering, avec une contribution négative de l’ordre de 90 millions d’euros, sur un total de 506 millions d’euros de charges opérationnelles nettes.

"Les coûts sont en ligne avec nos prévisions. L’équation économique de Kering Eyewear sera très bénéfique pour le groupe. Nous prévoyons un Ebitda positif (excédent brut d''exploitation) dès 2017, qui sera, de fait, la première année d’exploitation pleine de la société", indique Jean-Marc Duplaix, en soulignant "les avantages concurrentiels tangibles" de cette stratégie "plus synergique et efficiente".

"Les assortiments sont plus riches et plus pertinents. Grâce à la collaboration étroite avec le studio et le merchandising, et une meilleure coordination avec le calendrier des défilés, les résultats de Kering Eyewear en 2016 sont allés au-delà de nos attentes. Les ventes de lunettes Bottega Veneta ont été multipliées par trois, celles de Stella McCartney et de Saint Laurent par deux", conclut-il.
 

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