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29 juil. 2016
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Kering : Gucci se redresse, Bottega Veneta décline au 1er semestre

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29 juil. 2016

L’action de Kering s’est envolée ce vendredi 29 juillet à la Bourse de Paris, grimpant à plus de 7 % vers la fin de la séance, portée par ses bons résultats semestriels, en particulier dans le luxe.

Au 1er semestre 2016, le pôle Luxe a enregistré une croissance de 3,1 % (+4 % en comparable), à 3,87 milliards d'euros, en dépit d’un « environnement complexe et volatile ».

La nouvelle image de Gucci sous l'ère Alessandro Michele - Kering


Le groupe a dû faire face en effet à un recul des flux touristiques en Europe, qui « a pesé négativement sur le trafic en magasins »,  ainsi qu'aux Etats-Unis. Sans oublier la situation encore très dégradée à Hong Kong compensée toutefois par des « signes d’amélioration en Chine continentale ».

Dans ce contexte, le groupe peut s’enorgueillir de la « croissance très robuste » de sa division Luxe, dont « les marques dans leur ensemble surperforment à nouveau leur marché, comme en 2015 ». Les ventes ont notamment accéléré au deuxième trimestre : +5,2 % (contre +2,6 % au premier trimestre).

A commencer par Gucci, qui commence à bénéficier de la cure radicale engagée en 2015 sous la houlette de son nouveau directeur artistique, Alessandro Michele. « Le retournement s’accélère », note Kering.
 
La Maison italienne, pilotée par Marco Bizzarri, a réalisé un chiffre d’affaires de 1,94 milliard d’euros, progressant de 3,9 % (+5,4 % à taux de change constant) sur les six premiers mois de l’année. Elle a vu notamment sa croissance organique grimper de 7,4 % au deuxième trimestre, soit bien au-delà des prévisions des analystes, qui attendaient un chiffre compris entre 2 % et 3 %.
 
« Gucci a été portée par le succès continu des nouvelles collections de prêt-à-porter et de chaussures », a commenté le directeur financier de Kering, Jean-Marc Duplaix, lors d'une téléconférence avec les analystes.

Le dernier défilé Homme de Gucci pour l'été 2017 - © PixelFormula


Les nouvelles collections comptent désormais pour 70 % des ventes de la marque, dont les ventes ont bondi de 19,8 % à taux de change constants en Europe de l'Ouest au premier semestre.

« Le repositionnement de la marque et l’accent mis sur la créativité, notamment dans les collections de prêt-à-porter féminin, ont été très bien accueillis en Europe, permettant de rajeunir la clientèle locale », souligne le groupe.

Au Japon, la progression a été de 2,8 %, dans les pays émergents de 2,1 %, tandis qu’aux Etats-Unis les ventes ont reculé de 2,8 %.

La marge de Gucci s'est par ailleurs redressée, ressortant à 27,6 %, favorisée en partie par des effets favorables de couverture de changes.
 
François-Henri Pinault peut donc se frotter les mains, d’autant que, comme lors des trimestres précédents, Saint Laurent caracole en tête avec un chiffre d’affaires de 548 millions d’euros, pratiquement équivalent désormais à celui de Bottega Veneta, considérée encore il y a peu comme l’autre pépite du groupe après Gucci.
 
Sur les six premiers mois de l’année, Saint Laurent affiche une croissance de 23,7 % en données publiées et de 24,2 % à taux de change comparables, à 269,2 millions d’euros. Le chiffre d’affaires réalisé dans les magasins de la Maison bondit notamment de 31,5 % en comparable sur la période.

Le dernier défilé Saint Laurent signé Hedi Slimane - © PixelFormula


La griffe surfe encore sur la stratégie mise en place par Hedi Slimane, qui a quitté la Maison et a été remplacé le 4 avril dernier par le nouveau directeur artistique, Anthony Vaccarello. Mais le groupe préfère insister sur travail des équipes et de la PDG, Francesca Bellettini.

En revanche, comme si la situation s’était totalement inversée, c’est au tour de Bottega Veneta de donner du fil à tordre à Kering. La griffe vénitienne, centrée sur les accessoires en maroquinerie, qui représentent  86,8 % de ses ventes totales, poursuit sa descente avec un chiffre d’affaires en baisse de 9,2 % au 1er semestre, à 571,2 millions d’euros.
 
Elle voit aussi sa rentabilité se réduire avec un résultat opérationnel courant de 145 millions d’euros, en recul de 19,4 % par rapport au 1er semestre 2015, sa marge chutant de de 320 points de base à 25,4 %.
 
Le positionnement de prix très élevé de la Maison et sa forte exposition à la clientèle asiatique l’ont pénalisée. Bottega Veneta souffre aussi, selon les observateurs, d’une offre trop peu diversifiée et d’un manque de renouvellement.
 
Pilotée depuis quinze ans par le directeur artistique Tomas Maier, « la marque s'est beaucoup développée sur des classiques. Elle est en train de diversifier son offre avec des modèles de sacs plus en phase avec la demande de la clientèle », a indiqué à ce titre Jean-Marc Duplaix.
 
« Au-delà des facteurs conjoncturels, Bottega Veneta doit faire évoluer son organisation et sa stratégie », concède Kering dans son rapport financier semestriel, en annonçant « des plans d’actions visant à redynamiser l’offre de maroquinerie, à développer d’autres catégories de produits, à garantir l’exclusivité de la marque ».

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