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7 avr. 2015
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La Halle paie-t-elle son manque de leadership ?

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7 avr. 2015

Redresser La Halle : c’est le défi qui se pose depuis plusieurs années déjà au groupe Vivarte. Et qui a conduit le dirigeant de celui-ci, Richard Simonin, à prendre directement en main le sort de l’enseigne en janvier dernier. Car les employés de La Halle paient aujourd’hui lourdement les décisions et désaccords ayant rythmé la vie de la direction, face à une concurrence féroce allant de H&M à Primark, en passant par Kiabi. 

AFP


L’enseigne va, selon les syndicats, supprimer 1 520 postes dont 147 au siège et 75 dans la logistique. Richard Simonin assure d'une certaine manière le relais de Thierry Jaugeas, qui remplaçait lui-même depuis septembre Renaud Mazières, débarqué après deux ans alors que l’enseigne vivait une profonde mutation. Celui-ci payait le manque de réussite des changements décidés pour l’enseigne par la direction du groupe, et notamment son patron Marc Lelandais, dont les choix ne font pas l’unanimité en interne.
 
« L’objectif du management précédent a été de changer totalement le business model », expliquait Richard Simonin à FashionMag.com en décembre dernier. « Offre produit, pricing, concept magasin, parfois même la localisation avec l’ouverture de plusieurs magasins en centre-ville... Pour moi, on a changé trop de paramètres en même temps sans tenir compte des fondamentaux caractéristiques de La Halle. »

En clair, la stratégie visait l’adulte et les centres-villes, quand La Halle fonctionne surtout en périphérie et sur l’enfant. Une erreur pour celui qui tire désormais les ficelles de l’enseigne-phare de son groupe, La Halle générant 40 % des ventes de Vivarte.
 
« Les actionnaires ne sont pas d’accord entre eux sur la stratégie à suivre, et aucune ligne ne prend le dessus », constate de son côté l’élu CGT au comité de groupe, Karim Cheboub, pour qui La Halle paie, comme Vivarte, son manque de leadership. Et il cite un exemple récent : l’arrivée d’un nouveau n°2, Massimiliano Messina, au poste de directeur des opérations. « Est-il recruté par la direction ou imposé par les partenaires ? On ne sait pas vraiment. »
 
Les changements se sont en effet succédés aux commandes de La Halle comme de Vivarte. Longue est la liste des dirigeants poussés vers l’extérieur, comme le rappelait FashionMag.com dès octobre : Olivier Cabarrot (Chevignon), Sandrine Lilienfeld (Naf Naf), François Feijoo (André), Claude Buffard (patron du pôle chaussures), Sylvie Colin (Caroll), Gaël Estublier (activité à l’international), Clarisse Mazière (Kookaï)…
 
A cela s’ajoutent des départs récents. Celui, officiel, de Lionel Giraud (président d’André), mais aussi de Laurent Giroult (directeur financier de La Halle) et Jérôme Baniol (directeur financier de Vivarte), tandis que La Halle perdait son directeur de l’offre mode et accessoires, Philippe Godefroy.
 
Outre son positionnement et la direction à prendre, c’est donc aujourd’hui sur la stabilité de son équipe dirigeante et la patience de ses actionnaires que repose le futur de La Halle. Ou son absence. Le sort du groupe Vivarte lui-même étant fortement entremêlé à celui de son enseigne-phare.

Ce mercredi 8 avril se tient un comité central groupe qui exposera l'ensemble des changements décidés par la direction pour les différentes enseignes.

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