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20 déc. 2013
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LVMH, mauvais élève du luxe en Bourse

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Reuters
Publié le
20 déc. 2013

Reuters - LVMH signe cette année la plus mauvaise performance du luxe sur les marchés d'actions européens, les difficultés du maroquinier Louis Vuitton, principal centre de profit du groupe, pesant sur les perspectives de croissance et de rentabilité du numéro un mondial du secteur.

Le titre LVMH compte aussi parmi les lanternes rouges de l'indice CAC 40 à la Bourse de Paris.

Les sacs en toile monogrammée pèsent lourd (trop? ) dans les ventes de Vuitton (magasin à Rome, photo Gabriel Bouys/AFP)


"Le statut boursier de LVMH a changé. Les investisseurs préfèrent opter pour des groupes à forte croissance comme Richemont ou des acteurs plus petits et plus agiles", commente Antoine Belge, analyste de HSBC.

A la clôture jeudi, la valeur accusait une baisse de 6,3% depuis le début janvier, qui contraste avec les performances de ses grands concurrents Richemont (+21,3%), Hermès (+11,4%), Swatch (+24,7%) ou Burberry (+18,3%).

Kering, malgré un violent coup d'arrêt chez Gucci, parvient à gagner 8% grâce aux relais de croissance de ses autres marques de luxe comme Bottega Veneta ou Saint Laurent.

Louis Vuitton, lui, marque le pas. Il souffre d'un problème de taille - ses ventes dépassent les 7,5 milliards d'euros - et d'une offre peu exclusive.

Ses très rentables sacs en toile monogrammée comptent encore pour les deux tiers de ses ventes et ne séduisent plus autant. Sa croissance organique est tombée à 1% ou 2% au troisième trimestre, selon les estimations des analystes.

Consciente de la difficulté, la griffe s'est lancée cet été dans un repositionnement de son offre sur des sacs en cuir très haut de gamme, à plus de 3.000 euros, plus en phase avec la demande d'une clientèle lassée des toiles. Mais la montée en puissance s'avère plus lente qu'anticipé.

Pour Louis Vuitton, l'année 2014 risque fort de ressembler à 2013, "tout du moins au premier semestre", estime Antoine Belge.

En Bourse, LVMH pâtit aussi de comparatifs plus nombreux, aux perspectives de croissance plus fortes, notamment chez les nouveaux venus de la Bourse italienne, le chausseur Ferragamo ou le spécialiste du cachemire Brunello Cucinelli qui décollent de 67,8% et 90,5% respectivement.

Le suisse Richemont, propriétaire de Cartier ou Van Cleef & Arpels, profite quant à lui de sa forte exposition au secteur de la joaillerie, considéré comme très porteur par rapport à une maroquinerie particulièrement encombrée.

"La joaillerie nous semble la mieux positionnée en termes de croissance, les acteurs sont très peu nombreux et les grandes marques encore très minoritaires. Le vieillissement de la population joue aussi", commente Luca Solca, analyste d'Exane BNP Paribas.

LVMH est confronté à "des incertitudes sur les perspectives de croissance et de marge, au sein d'une structure de conglomérat de plus en plus vaste, avec des acquisitions (23% d'Hermès, Bulgari ou Loro Piana) qui sont pour la plupart dilutives sur les marges et le rendement des capitaux investis", soulignaient récemment les analystes de Citi.

Au sein de l'indice CAC 40, qui prend 14,7% depuis début janvier, LVMH se classe en queue de peloton, devant Pernod Ricard (-7,9%), Alstom (-14,4%) et Technip (-25%).

par Pascale Denis, avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez

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