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25 avr. 2017
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LVMH réorganise sa structure en avalant Christian Dior Couture

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25 avr. 2017

Grandes manœuvres au sein de LVMH. Le numéro 1 mondial du luxe monte en puissance via une vaste opération portant sur près de 12 milliards d’euros. L’objectif ? Simplifier sa structure en intégrant dans son portefeuille la marque emblématique Christian Dior Couture, dont LVMH détenait déjà les activités parfum, mais qui ne figurait pas dans son périmètre, puisque la griffe est détenue pour l’instant à 100 % par Christian Dior, la holding de la famille Arnault.

Christian Dior, automne-hiver 2017-18 - © PixelFormula


« Un événement important pour le groupe », qui permettra de renforcer son pôle Mode et Maroquinerie, tel que le souligne dans un communiqué le PDG, Bernard Arnault. Cette réorganisation, attendue de longue date, a été saluée par le marché, même si certains analystes estiment le prix payé par LVMH pour Christian Dior Couture « très élevé ». La griffe a été valorisée en effet à 6,5 milliards d’euros, ce qui correspond à un multiple de 15,6 fois son Ebitda.

La maison fondée en 1947 par le couturier éponyme a vu ses ventes doubler en cinq ans, atteignant au 31 mars 2017 2 milliards d’euros sur les 12 derniers mois, ainsi qu’un résultat brut opérationnel (Ebitda) de 418 millions sur la même période. Présente dans 60 pays, elle réalise 93 % de ses ventes à travers ses 198 boutiques en propre (71 en Europe, 53 en Asie hors Chine et Japon, qui en dénombrent respectivement 20 et 16, 33 en Amérique du Nord et cinq en Amérique latine).

C’est la maroquinerie, notamment, qui tire son épingle du jeu, représentant près de la moitié (46 %) des ventes totales de la griffe, suivie par le prêt-à-porter (26 %), les accessoires (10 %), les souliers (9 %) et les montres & joaillerie (6 %). L’Asie constitue son premier débouché avec 45 % de ses ventes, suivi de près par l’Europe et le Moyen-Orient (43 %), et l’Amérique (12 %).

Le projet, qui devrait être lancé dans un mois, va s’articuler autour de deux opérations. La première passe par le rachat de la part du Groupe Familial Arnault des 25,7 % de parts qu’il ne détient pas dans la holding de contrôle Christian Dior. Actuellement, la famille Arnault contrôle un peu plus de 74 % de Christian Dior ainsi que 5,8 % de LVMH. Cette holding contrôle à son tour 41 % de LVMH, ainsi que la totalité de la griffe Christian Dior Couture et de la marque John Galliano, qui n’est pas mentionnée, quant à elle, dans le cadre de cette réorganisation.

Le Groupe Familial Arnault va donc déposer fin mai une offre publique d’achat sur les actions Christian Dior, qu’il ne possède pas, en proposant à la fois une rémunération financière et les titres d’Hermès International en sa possession, ce qui lui permettra de réduire sa participation s'élevant actuellement à 8,5 % au sein de cette maison. Une manière habile pour Bernard Arnault de se désengager d’Hermès en tirant un trait définitif sur la bataille qui l’avait opposé au sellier de luxe en 2014, tout en profitant des bons résultats de son concurrent et de ses performances boursières.

La structure du groupe de luxe avant et après l'opération - LVMH


Les minoritaires de Christian Dior se verront ainsi offrir 172 euros en numéraire et 0,192 action Hermès International par action. Cette offre principale sera assortie de deux offres à titre subsidiaire. Au total, l’offre est proposée « dans des proportions globales de 8 milliards en numéraire et de 8,9 millions d’actions Hermès ». Une fois achevée cette prise de contrôle, LVMH procédera au rachat de la griffe Christian Dior Couture au deuxième semestre 2017. Un montage complexe et coûteux qui peut surprendre, étant donné que Bernard Arnault avait déjà la main sur la célèbre griffe.

« Il va consolider Dior et LVMH en finançant une grande part de cette manœuvre avec les actions Hermès. Cela montre clairement que Bernard Arnault trouve beaucoup plus intéressant d’être exposé à LVMH et Christian Dior qu’à Hermès, puisqu’à la fin de l’opération, il disposera de moins d’actions d’Hermès, mais davantage de titres LVMH et du contrôle total de la holding Christian Dior », indique à FashionNetwork.com Luca Solca, d’Exane BNP Paribas.

Au terme de l’opération, le Groupe Familial Arnault contrôlera en effet, de manière directe et indirecte, près de 47 % de LVMH contre 36 % aujourd’hui. Autre avantage, il muscle sa division mode, l’une des plus dynamiques du groupe, en ajoutant un poids lourd au côté de sa marque phare Louis Vuitton, tout en augmentant les synergies qui existent déjà entre les deux entités.

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