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23 janv. 2012
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Made in France et TVA sociale: politiques et professionnels circonspects

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23 janv. 2012

C'était l'un des rendez-vous clés du Who's Next Prêt-à-Porter Paris: représentants politiques et professionnels étaient rassemblés à l'occasion d'un débat sur le Made in France et la TVA sociale. Un échange de vues qui souligne plus que jamais les inquiétudes des professionnels.


Les participants du débat organisé sur le salon Who's Next Prêt-à-Porter Paris


Était notamment présent Yves Jego, vice-président du Parti Radical et président de Pro France, qui gère le label "Origine France Garantie". Une signature que certains professionnels trouvent trop large. "Le principe était de mettre la barre assez haute pour que le consommateur ait confiance, mais pas trop haute afin de ne pas exclure l'ensemble des acteurs", explique l'ancien secrétaire d'Etat.

Une stratégie par label qui n'arrive pas à convaincre Lyne Cohen-Solal, maire-adjointe socialiste à la Mairie de Paris. "Je crains que cela n'encombre les industriels plus que cela les soutienne", explique-t-elle. "Soutenons d'abord les investissements, et ensuite on aura le plaisir de voir un nombre croissant de produits fabriqués en France".

Pour Tony Herblot, président des façonniers de l'Ouest, tout avenir pour la production française est soumis au lourd problème de la formation. "La moyenne d'âge est de 47-48 ans dans nos usines", assure-t-il. "D'ici une dizaine d'années, c'est la moitié des professionnels qui vont partir. Pour attirer les jeunes qui préserveront le savoir-faire, il faut pouvoir les payer décemment, quand les salaires sont pour l'instant au niveau du smic".

Un point de vue partagé par Jean-Pierre Fabre, président de la fédération des détaillants en chaussures de France. "Aujourd'hui, nous n'avons plus en France de personnes qui savent faire les chaussures", explique-t-il, soulignant le paradoxe face à l'importance de l'origine sur le marché des chaussants. "Les détaillants chaussures vendent à 70-80% des marques françaises. C'est une notion particulièrement rassurante pour le consommateur".

Pour Bernard Morvan, président de la FNH (fédération nationale de l'habillement), la sensibilisation des détaillants jouera un rôle important. "Il faut qu'ils puissent avoir dans leur budget une part réservée aux produits français, du moment que le prix de ces derniers reste intégrable dans leurs finances", explique-t-il, rappelant le succès passé des campagnes de sensibilisation type "Nos emplettes sont nos emplois".

De son côté, Jean-Pierre Mocho l'affirme: "L'origine des produits reste secondaire pour les acheteurs". Pour le président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin, "le consommateur est plus attaché à sa marque qu'à son lieu de fabrication. Ça ne plait pas à tout le monde, mais c'est un constat évident".

"La filière a une part de responsabilité dans le problème actuel", affirme pour sa part Robert Rochefort, vice-président du Modem. "Vous avez fait perdre au consommateur la perception de la valeur réelle, et symbolique, des produits d'habillement. De fait, le made in France, si vous n'y croyez pas vous-même, ne sert à rien", souligne-t-il, rappelant l'usage abusif du nom "Paris" comme marque de qualité.

Quant à la TVA sociale, actuellement en travaux à l'Élysée, elle est loin de faire l'unanimité. "Comment s'imaginer qu'en augmentant les prix, les familles vont se mettre à consommer plus", s'exclame Lyne Cohen-Solal. Pour Tony Herblot, le consommateur ne s'y retrouvera qu'en cas de hausse des salaires. Alors que la mesure est censée maintenir les prix, "les entreprises françaises paieront plus cher pour produire, et les prix vont augmenter", prévient de son côté Jean-Pierre Fabre. "Nos entreprises doivent pouvoir être plus compétitives", se défend Yves Jego, qui soutient la mesure, tout en admettant qu'elle n'occasionnera effectivement un maintien des prix que "dans certains cas".

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