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15 janv. 2014
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Masha Ma ouvre cette année sa première boutique à Paris

Publié le
15 janv. 2014

La créatrice de mode chinoise Masha Ma, diplômée de la Central Saint Martins de Londres, a travaillé avec Alexander McQueen. Sa propre marque a été lancée dans la foulée et sa société réalise aujourd'hui des ventes de 1,82 million d'euros, via des multimarques ou des grands magasins tels que Spiga 2 à Milan et Harvey Nichols à Hong Kong. Précisant qu'elle fabrique dans des ateliers français en utilisant des tissus européens, Masha Ma compte deux studios, à Shanghaï, où elle emploie 14 personnes, et à Paris, où elle travaille avec 17 freelances.

Invitée à la Hong Kong Fashion Week pour présenter sa collection printemps-été 2014, déjà dévoilée lors de la dernière Fashion Week de Paris où elle défile depuis quatre éditions, elle évoque ses ambitions pour FashionMag.com.

Masha Ma


FashionMag.com: Vous annoncez une ouverture prochaine d’une première boutique à votre enseigne dans le Marais, à Paris. Pourquoi Paris et non Shanghaï, votre autre base où le marché est plus dynamique ?
Masha Ma: Avoir une boutique à Paris est un message fort, un impératif pour montrer au monde entier que vous êtes une marque créative internationale. Le volume des ventes est un élément secondaire. En revanche, avoir une boutique en Chine nécessite une très grande efficacité commerciale.

FM: Parallèlement au lancement de votre ligne Masha Ma, vous avez lancé une deuxième ligne Ma by Ma, et vous apprêtez à en lancer une troisième, Mamour. Pourquoi ce choix de segmenter votre offre ?
MM: Ma by Ma cible des femmes plus jeunes. Déjà achetée par des grands magasins comme les Galeries Lafayette à Pékin, elle propose des pièces en boutique au prix moyen de 220 euros. Pour financer cette ligne de diffusion, nous allons nous rapprocher d'une venture capital. La troisième ligne, Mamour, est encore plus abordable, avec des prix allant de 80 à 180 euros. En 2015, est aussi prévue ma première collection de prêt-à-porter masculin.
Le challenge pour un créateur de mode actuellement, c'est d'être très visible internationalement tout en étant accessible financièrement - Alexander Wang est un bon exemple. Le temps des créateurs cantonnés au luxe est terminé.


Le défilé de la collection printemps-été 2014 Masha Ma


FM: Cette analyse vaut-elle également pour le marché chinois ?

MM: Non, pas encore, mais comme la Chine a cette capacité magique de réduire l'espace temps, n'attendez pas pour cela une génération, mais plutôt 2 à 3 ans.

FM: Vos créations ont été remarquées par des magazines tels que Vogue ou Harper's Bazaar. Comment définiriez-vous vos collections ? Etes-vous inspirée par la culture chinoise ?

MM: Le problème est de définir exactement le style chinois. L'imagerie exotique souvent associée par l'Occident à la Chine, comme le dragon et le phénix, n'a rien à voir avec la Chine moderne. Ce qui définit davantage la Chine, c'est la philosophie et la compréhension personnelle que sous-tend chaque création - la peinture chinoise était abstraite bien avant l'impressionnisme. Je suis plus inspirée par les textes que par les images, et je m'attache à assurer une continuité dans l'esprit de mes collections, qui sont toujours des variations autour des thèmes de la féminité, de l'élégance et de la modernité.


par Marie-Hélène Corbin, à Hong Kong

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