×
6 765
Fashion Jobs
keyboard_arrow_left
keyboard_arrow_right

Mim : la liquidation judiciaire inévitable ?

Publié le
today 18 avr. 2017
Temps de lecture
access_time 3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Nouveau rebondissement dans le dossier Mim, même si sa clôture s’annonce. Lors de l’audience du 18 avril, durant laquelle l’administrateur a demandé la mise en liquidation judiciaire de l’enseigne de mode féminine, le tribunal de commerce de Bobigny a écouté les porteurs d’un nouveau projet de reprise, selon les informations de FashionNetwork. Pour autant, le juge pourrait entériner ce 19 avril la liquidation judiciaire de la société.


Un projet de coopérative a été monté par des salariés pour éviter un licenciement massif. - Mim


Un collectif de salariés s’est en effet très récemment regroupé avec l’ambition de mettre en place une Scop, soit un format de société coopérative et participative (adopté récemment dans le textile par la Maison Clarenson), pour reprendre une partie des boutiques et des salariés non concernés par l’acquisition faite par Tally Weijl et Etam (71 magasins et un peu moins de 300 employés sur 1 500). Ce qui serait une première dans le secteur de l'habillement pour un succursaliste.

Il s'agit d'un projet quasi secret, puisque la majorité des salariés n’a appris l’existence de celui-ci que le 14 avril au soir. Il est porté par une quinzaine d’employés et cadres du siège de Mim, dont le directeur réseau, Loïc Bossière, et le DRH, Mathieu de Mesmay. Selon un communiqué publié par le syndicat Seci-Unsa, cette équipe, qui aurait reçu un accueil favorable de la part du ministère du Travail, souhaite reprendre 130 magasins et sauver 650 emplois, et affirme avoir pour cela besoin d’une enveloppe de 5,6 millions d’euros. Les syndicats FO et CFDT ont aussitôt lancé une consultation auprès des employés pour recueillir leur avis face à ce nouveau plan proposé en interne.

Christian Favier, président du conseil départemental du Val-de-Marne, où est situé le siège de l’enseigne (à Thiais), a annoncé son soutien au projet sur les réseaux sociaux. « Toute initiative sauvant des emplois est bienvenue. Je soutiens les salariés de Mim », a-t-il publié vendredi sur Twitter.

A l’issue de l’audience du 18 avril, pendant laquelle les plaidoiries ont pour la grande majorité, selon les informations de FashionNetwork, été en défaveur du projet de Scop, le tribunal a annoncé qu’il rendrait sa décision ce 19 avril à 14h. Quelque 791 salariés menacés de licenciement se trouvent encore dans l’incertitude. Même s’il ne fait plus de doute, pour un délégué syndical : « Nous espérons que la liquidation judiciaire, et donc la cessation d’activité, ne soit pas immédiate pour les salariés, mais qu’une poursuite d’au moins une semaine soit octroyée afin qu’ils puissent faire le deuil de leur activité et ne pas fermer boutique aussitôt le verdict rendu ».

Un délai qu’espère également Thomas de Mesmay, défendeur de la Scop : « Notre posture est compliquée car notre projet arrive tard. Nous n’en sommes qu’au tout début de cette tentative, ce baroud d’honneur. Tout dépend de la réaction des salariés, mais si poursuite d’activité il y a pendant une semaine ou quinze jours, cela nous donne encore de l’espoir que le liquidateur se tourne vers nous ».

Le projet pourra au moins compter sur un soutien de poids : l'Etat. Dans un courrier dont l'AFP a eu copie, le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, a assuré le président du tribunal que l'Etat était « prêt à s'engager pour soutenir ce projet, en examinant sans délai l'octroi d'un prêt du Fonds de développement économique et social ». « Dans ses conditions, il serait souhaitable que le tribunal accorde un délai supplémentaire et autorise la poursuite de l'activité », a-t-il ajouté.

L’enseigne de mode à petits prix fondée en 1976 et détenue par le groupe hongkongais Main Asia depuis 2014 avait été placée en redressement judiciaire en novembre dernier. Elle avait réalisé un chiffre d'affaires de 183,7 millions d'euros en 2015 (contre 206 millions l'année précédente). 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2019 FashionNetwork.com