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Mim : une décision reportée qui ouvre la porte à une reprise par les salariés ?

Publié le
today 19 avr. 2017
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Alors qu’il devait rendre son verdict concernant la demande de mise en liquidation judiciaire de Mim le 19 avril à 14h, le tribunal de commerce de Bobigny a annoncé qu’il prorogeait cette décision au 26 avril prochain. Sans motivation exposée. Un délai qui exacerbe encore le désarroi des salariés, mais qui pourrait permettre au projet de reprise via la création d’une Scop (société coopérative et participative), monté très récemment par une quinzaine de salariés, d’afficher sa solidité.


Devanture d'une boutique Mim dont les salariés se sont mobilisés - FOMim/Facebook


Si près de 300 employés de l’enseigne de mode féminine et 71 magasins ont été repris en mars par le Suisse Tally Weijl et le groupe Etam (69 unités pour le premier, deux pour le second), 791 salariés sont toujours menacés de licenciement. Le tribunal de commerce a écouté le 18 avril le projet de Scop monté il y a quelques jours par des membres du siège de Mim, dont le directeur réseau, Loïc Bossière, et le DRH, Mathieu de Mesmay. Ceux-ci ambitionnent de reprendre 130 points de vente et sauver 650 emplois. Mais il manque encore le financement nécessaire à la viabilité du projet, estimé à 5,6 millions d’euros.

Une enveloppe qui pourrait se débloquer grâce au soutien de l’Etat, qui est intervenu ce 18 avril par le biais de Christophe Sirugue, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Économie et des finances chargé de l’Industrie, du numérique et de l’innovation. Dans une lettre adressée au tribunal et publiée par le syndicat Seci-Unsa, il confirme « que l’Etat est prêt à s’engager pour soutenir ce projet, en examinant sans délai l’octroi d’un prêt du Fonds de Développement Economique et Social (FDES) ». Ajoutant que le déblocage des fonds pourrait intervenir d’ici trois semaines au plus tard, une décision conditionnée à la communication par les salariés « d’un dossier complet détaillé aux services du ministère ».

Ce projet doit aussi recevoir le soutien d’un grand nombre de salariés, ce qui n’est pas encore gagné. Durant l’audience du 18 avril, les plaidoiries se sont, selon nos informations, toutes prononcées en défaveur de celui-ci. Grâce à ce sursis, le tribunal semble, intentionnellement ou non, lui donner une mince chance de se renforcer.

Reste que pour que cette offre soit examinée, cela impliquerait possiblement la réouverture des débats et donc un nouvel appel d’offres suivi de consultations, sur une période d’environ trois semaines. Une partie des employés Mim, usés, n’aspire qu’à voir leur attente écourtée. « Beaucoup de salariés ont déjà un pied dehors, d’autres sont en vraie détresse : le personnel est à bout, livre un élu du comité d'entreprise à l'issue de l'annonce du tribunal. Ce n’est pas possible de nous tenir en haleine de cette manière ». D’autres acteurs du dossier évoquent la tenue imminente de l’élection présidentielle pour expliquer ce report de décision.

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