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20 juin 2013
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Mod 8 et Aster: Royer veut passer à autre chose

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20 juin 2013

A l'issue de la réunion du Comité Central d'Entreprise qui s'est déroulée le 18 juin dernier au siège du groupe Royer, où étaient réunis les représentants des sept pôles du groupe, la direction indique que le plan de réorganisation R2015 a été approuvé. "Un aval donné avec réserves au regard des motifs économiques, sur le fond et sur la forme, des mesures de reclassement proposées", tempère Marli Marchyllie, secrétaire générale du CCE et déléguée syndicale CFE-CGC. "On attend maintenant la mise en œuvre de la procédure, mais on aimerait davantage de perspectives notamment en terme de reclassement", dit-elle.


Jacques Royer (photo groupe Royer)


Une décision qui, sauf à trouver un repreneur au cours des prochains mois, valide la fermeture du site de Blanquefort (33), spécialisé dans la fabrication d'échantillons et de prototypes de chaussures enfant. Parmi les 91 employés recensés, quinze commerciaux itinérants conserveront leur emploi au sein du groupe -qui poursuit la fabrication des marques Mod 8 et Aster-, seize personnes dont certaines piqueuses de 58 ans pourront faire valoir leur droit à la retraite à taux plein, quatre personnes en longue maladie devraient bénéficier de conditions spécifiques étudiées au cas par cas, quinze solutions de reclassement sur les sites de Fougères et de Cholet seront proposées, douze postes seront transférés sur ces mêmes sites. Enfin, trente-et-un licenciements seront signifiés. Les discussions et négociations vont se poursuivre entre les représentants du personnel et la direction à propos des indemnités supra-légales. Selon un porte-parole du groupe Royer, aucune solution de reprise n'a été trouvée, comme cela avait été envisagé suite à la table ronde organisée à l'initiative du préfet de région de Gironde, le 6 juin dernier. "Nous accueillerions avec satisfaction une proposition viable de l'Etat, or pour l'heure les recherches sont infructueuses", ajoute-t-il, précisant que "l'on arrive au bout des solutions économiques. Compte tenu des pertes successives enregistrées sur ce site, il est clair que l'on ne peut plus faire appel à l'échantillonnage à Blanquefort", rappelle-t-il. Une alternative que les représentants du personnel sont, eux, loin d'avoir enterrée. "Cette hypothèse est venue tardivement. Il faut que ça avance. On attend maintenant une mobilisation des élus à ce sujet. Des réunions de travail sont d'ailleurs prévues en ce sens avec Jacques Royer", affirme Marli Marchyllie. L'espoir est mince, mais il existe.
Dans le cadre du plan de réorganisation élaboré par Jacques Royer, PDG, et Nathalie Montaldier, DG adjointe, la partie de l'échantillonnage et le prototypage réalisés à Blanquefort ne trouvent plus de raison d'être. Et pour cause. En 2008, les pertes financières de l'entreprise atteignaient 1,3 million d'euros au moment de la reprise par le groupe Royer. Compte tenu du marché et de la crise, entre 2007 et 2012, le chiffre d'affaires aurait chuté de 28 à 14 millions d'euros. Ces trois dernières années, les pertes auraient atteint 3 millions net. La première fois dans l'histoire du groupe de Fougères. Donc les dirigeants de l'entreprise "veulent passer à autre chose" et équiper les services commerciaux de tablettes permettant de présenter les collections et de passer directement les commandes. Sans échantillonnage. C'est un des axes du plan R2015, qui cherche, en revanche, depuis plusieurs mois un véritable investisseur pour relancer les marques Kelian et Jourdan, en cours de cession. Une relance particulièrement attendue par vingt-deux salariés dont l'avenir est en suspens. "Des discussions sont en cours avec un investisseur", assure le groupe Royer qui, après s'être aventuré sur le marché du retail, dit être en passe de céder son réseau de boutiques avec une condition sine qua non de maintien du personnel en place. A Blanquefort comme à Bourg-de-Péage, unité de fabrication de Stéphane Kelian et Jourdan, les représentants du personnel évoquent la possibilité de création d'une scop (Société coopérative et participative). Une option qui aura aussi besoin de soutien public... Ce dossier récemment évoqué par Marli Marchillye auprès d'Arnaud Montebourg, ne devrait pas échapper au commissaire du redressement productif de Gironde.

Frédéric Thual

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