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11 avr. 2013
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Nathalie Montaldier (groupe Royer): "Le plan vise à remettre à plat l'ensemble de la stratégie"

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11 avr. 2013

Le groupe Royer veut retrouver la rentabilité fin 2013. Nathalie Montaldier, directrice générale adjointe du groupe, avec les pôles mass market, sport, luxe et junior, détaille pour FashionMag Premium la réorganisation et la stratégie de reconquête déployées par le spécialiste français de la chaussure.

Nathalie Montaldier


FashionMag.com: Vous venez d'annoncer la mise en œuvre d'un projet de réorganisation de l'ensemble du groupe Royer. Pourquoi une telle décision ?
Nathalie Montaldier: Leader sur son marché depuis 1945, le groupe Royer a effectué un certain nombre d'acquisitions externes depuis 2009. Or, les habitudes de consommation ont baissé. Nous avons face à nous de grandes centrales qui ont lancé leur propre sourcing. Le marché a reculé de -7%. Notre chiffre d'affaires est passé sous la barre des 300 millions d'euros avec un résultat net légèrement négatif. L'objectif est d'économiser 11 millions d'euros et de retrouver l'équilibre dès la fin de l'année.

FM: Quels sont les pôles concernés par ce plan ?
NM: C'est un plan transversal, qui vise à remettre à plat l'ensemble de la stratégie. Il touchera l'ensemble des secteurs: le mass market, le junior, le sport et le luxe. Des comités de pilotage sont mis en place pour réfléchir à une nouvelle organisation, aux modes de fonctionnement, au sourcing, aux process, à la logistique...

FM: Les syndicats ont évoqué la suppression de 168 postes...
NM: C'est une vision totalement fantaisiste. Nous envisageons la fermeture du site de sous-traitance (Aster et Mod'8) de Blanquefort, qui emploie 91 personnes. Seules 68 d'entre elles sont concernées dont vingt-cinq pourront être reclassées sur les sites de Cholet et de Fougères. Une dizaine devraient faire valoir leur droit à la retraite. L'incidence devrait être positive pour les sites de Fougères et de Cholet où des postes seront créés.

FM: Quelles mesures envisagez-vous sur le retail ?
NM: A travers Kickers, Kelian, Jourdan, etc., nous avions constitué un réseau de seize boutiques dont onze fonds de commerce seront cédés. L'enseigne Kids and Kickers que nous avions lancée en propre sera désormais déployée en franchise. Nous avons eu une centaine de contacts au dernier salon de la franchise, ce qui nous conforte dans l'attractivité de l'enseigne. Nous conservons le flagship Kickers de Saint-Lazare, le magasin parisien Kickers de la rue Victor Hugo qui va passer Kid & Kickers, et les boutiques de Limoges, la Rochelle et Pont Sainte-Marie.

FM: Et pour le secteur du luxe ?
NM: Nous avons des pourparlers très avancés avec un partenaire industriel sur lequel nous pourrions nous adosser pour redynamiser les marques, investir dans des égéries, dans une communication adaptée au monde du luxe. Et nous travaillons à leur repositionnement.

FM: Vous détenez une quarantaine de licences et quelques marques propres depuis 2007, envisagez-vous de supprimer des marques comme cela a été évoqué ?
NM: L'idée n'est absolument pas de supprimer des marques propres. Mais, dans le segment du mass market, où nous avons développé une quarantaine de licences, en distribution ou en fabrication et distribution, nous allons regarder celles qui, en raison des effets de mode, deviennent moins rentables. Car, l'effort logistique est le même que l'on déploie une marque à 1 million d'euros ou à 100 millions. Certaines licences devront sans doute ne pas être renouvelées. A moins que d'autres puissent venir en complément et justifier ces efforts logistiques.

FM: Vous voulez réaliser 11 millions d'euros d'économies. Où irez-vous les chercher ?
NM: Un peu partout, mais notamment par la disparition des échantillonnages qui, comme dans le vin ou le parfum, représente des millions d'euros de dépenses. On peut par exemple inciter les commerciaux à présenter une seule chaussure au lieu de deux et présenter les déclinaisons sur une tablette tactile, qui permettra aussi la transmission d'informations avec le siège et de gagner un temps précieux.

Propos recueillis par Frédéric Thual

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