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Traduit par
Lionel Tixeire
Publié le
4 mars 2017
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Paris Fashion Week : Haider Ackermann, de Nina Simone à Aulnay-sous-Bois

Traduit par
Lionel Tixeire
Publié le
4 mars 2017

Haider Ackermann ne sera jamais un animal politique, mais tout comme la plupart des grands créateurs, il est parfaitement conscient du monde dans lequel il vit et de ses luttes.

Haider Ackermann - automne-hiver 2017 - femme - Paris - © PixelFormula


Avec ses modèles vêtues de robes serrées – noires traversées d'une ligne dorée comme dégoulinant sur le corps, il a offert une poignante ouverture à un défilé aux coupes rigoureuses et stylées. En fond sonore, Simone chantait « Freedom is no fear ».

Pour ce qui est du style, de nombreuses silhouettes étaient couvertes de motifs quadrillés façon toile d'araignée, souvent dorés, et dans un cas en noir sur un tailleur pantalon bleu électrique. Pour plus de charme, ses modèles avaient adopté une coupe au bol, leur visage en partie caché par un voile rattaché à une oreille.
 

Haider Ackermann - automne-hiver 2017-18 - © PixelFormula


Haider Ackermann maîtrise très bien les coupes, avec des tuniques et des boléros parfaitement ajustés, et sa main est si subtile que les vêtements semblent presque organiques.

Il a impressionné aussi avec des pantalons en plumes de marabout blancs portés avec des vêtements masculins surdimensionnés, ou encore avec d'imposants manteaux militaires à dix boutons. Contrairement à son éclectique collection masculine de rocker dandy réalisée pour Berluti, qui débordait de couleurs, ce défilé féminin est presque entièrement décliné en noir.

L'absence de la palette hyper originale du créateur, avec ses dorés brunis et ses rouges ardents, s'est fait sentir. Toutefois, l'événement marquait aussi un subtil changement de braquet pour le créateur; dont les compétences en matière de couture correspondent de plus en plus à sa technique reconnue pour le drapé.

Caroline de Maigret, Clotilde Courau, Lou Doillon et Marisa Berenson étaient présentes – soulignant le crédit d'Haider auprès des vedettes ainsi que des élégantes. Le « it guy » Gabriel Day-Lewis – le fils de Daniel et Isabelle Adjani – a aussi promis à Haider un exemplaire en avant-première de son prochain album. 
 

Haider Ackermann - automne-hiver 2017-18 - © PixelFormula


« Il y a tellement de choses qui se passent dehors, au-delà de ces portes. J'ai été très ému par ce que j'ai lu au sujet de cet homme noir qui a été violé par la police. Aussi par ce qui se passe en Amérique. Et ceci est un message que je voulais faire passer. Je suis plein d'admiration pour les gens qui défendent leurs droits », a précisé Haider Ackermann, qui est né en Colombie, mais a grandi en Belgique.

« Nina Simone a été l'une des premières militantes pour les droits de l'Homme, c'est pourquoi je voulais juste rendre hommage à ces gens dans le calme, pour rester serein. Pouvoir voir ces femmes noires devant nous était quelque chose de beau et plein de dignité », a-t-il conclu.

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