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18 déc. 2015
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Première Vision : "L’accélération de la création a eu un effet positif sur le monde des tisseurs"

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18 déc. 2015

Première Vision, depuis plusieurs années, s’est fait le chantre et un des contributeurs financiers à la création. Notamment au festival de Hyères. Ses organisateurs ont vu aussi la création se développer fortement dans le monde des tisseurs. Pascaline Wilhelm, directrice de la mode, et Gilles Lasbordes, directeur général, expliquent pourquoi l’accélération des collections ne leur fait pas peur.

Gilles Lasbordes - Stéphane Kossmann


FashionMag : Depuis quelque temps, des créateurs comme Raf Simons ou Jérôme Dreyfuss et un conseiller comme Jean-Jacques Picart remettent en cause le rythme imposé à la création avec de nombreuses collections annuelles. Partagez-vous ces remarques ?
 
Gilles Lasbordes : En fait, la remarque correspond à des situations bien différentes. On peut travailler de mille façons des collections. En faire vraiment huit par an, ou découper deux collections en plusieurs parties. Il faut aussi savoir ce qu’on entend par collections, si on fait entrer des collections capsules, etc. On pourrait presque dire qu’il y a autant de rythmes que de marques. C’est un sujet complexe, qu’il faut aborder avec mesure. Une chose est sûre. Ce nouveau rythme, que l’on retrouve chez les créateurs mais aussi chez les enseignes de cœur de marché, a créé une nouvelle dynamique qui imprègne toute la filière.

Pascaline Wilhelm : L’accélération de la création a eu un effet positif sur le monde des tisseurs. Même si certains n’y ont pas survécu. On voit bien que les entreprises de l’amont se sont adaptées au nouveau rythme. Une sorte de mobilisation autour de la création a été engagée. Via notre observatoire produits, nous recevons une masse d’informations très importantes avec 20 000 tissus, 5 000 cuirs, 15 000 accessoires. En dix ans, le monde de l’amont a ainsi beaucoup changé. Il y a aussi un phénomène qu’en tant que salon international nous constatons. La mondialisation du marché a conduit à plus de création et d’innovation. Et globalement, il suffit de circuler dans Première Vision, les entreprises ont réussi à s’adapter.

Pascaline Wilhelm


FM : Diriez-vous qu’aujourd’hui, la matière a pris le dessus, en termes de création, sur la forme ?
 
PW : Tout le monde doit être créatif aujourd’hui. C’est le même besoin de l’amont à l’aval pour se différencier. Une absolue nécessité sur le marché de la mode. Sans doute, le développement d’Internet où l’on peut zoomer sur les tissus conduit à leur donner plus d’importance d’autant que les vêtements y sont présentés « à plat ».
 
GL : Il y a des secteurs où la matière a pris beaucoup d’importance et est même incontournable. Le sport actif par exemple.
 
PW : Il y a aussi beaucoup d‘évolution sur le bien-aller. C’est le cas avec le stretch. Cette matière couvre l’ensemble des marchés de mode aujourd’hui. Elle permet l‘adaptabilité de la mode par rapport à une fonction. Cela allège aussi le poids des vêtements. Il faut noter que tout cela s’est fait par évolutions technologiques non visibles.
 
GL 
: Une évolution que l’on retrouve aussi dans le monde des sneakers, à l’importance phénoménale dans la mode.
 
FM : Ce bond de la créativité dans les tissus a bouleversé votre manière d’organiser le salon ?
 
GL : Certainement. En fait, nous avons construit un salon le plus efficace possible pour les acheteurs. Il faut que ceux-ci découvrent facilement les nouveautés, mais aussi en préservant le rapport physique émotionnel avec le tissu. Chaque secteur du salon met ainsi en avant ses propositions créatives.
 
FM : Mais comment un salon, qui se tient à certains moments dans l’année sur quelques jours, peut satisfaire un besoin de nouveautés permanent ?
 
GL : Un salon ne remplit évidemment pas l’ensemble des besoins commerciaux. Un salon apporte un contact important à un moment donné. Mais la rencontre peut conduire à des échanges permanents.
 
PW : Le besoin de créativité conduit les marques et les tisseurs à développer aussi des partenariats continus, sur la durée. Cela veut bien dire que les tisseurs font partie intégrante d’un processus de création qui a donc permis de faire bouger la filière.

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