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3 oct. 2013
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Printemps-été 2014: le tour de force de Paris

Publié le
3 oct. 2013

Le programme parisien du prêt-à-porter printemps-été 2014, qui s’est achevé mercredi dans la capitale fut riche en surprises. La nouvelle du départ de Marc Jacobs chez Louis Vuitton marque un moment historique pour la maison du leader mondial du luxe. "J’ai versé une larme à la fin du show", avoue Lizzy Bowring, fashion director du bureau de tendances Stylesight. Et je n’étais visiblement pas la seule", témoigne-t-elle. Les larmes ont séché et la suite de l'histoire Louis Vuitton captivera la mode à coup sûr. Mais d'ici là, que doit-on retenir des collections parisiennes?

Céline et Chloé printemps-été 2014 (photos: PixelFormula)



"Les créateurs ont vraiment dépassé leurs limites à Paris cette semaine", salue Tancrède de Lalun, directeur des achats du Printemps, et certains ont fait preuve d'audace pour se remettre en question." Il cite Cédric Charlier et Anthony Vaccarello, puis Riccardo Tisci, qui s’est affranchi de la tendance sweatshirt streetwear qu’il a lui-même enfantée, avec le succès que l’on sait, chez Givenchy quelques saisons en arrière. A la place, une démonstration technique et esthétique au glamour probant. D'autres maisons ont aussi laissé de côté leurs signatures pour tenter la nouveauté. Au risque de surprendre comme Galliano qui a pris un aller simple vers le futur, dans une collection radicalement jeune où le biais, pilier de l’identité de la marque, n’avait apparemment plus sa place.

La collection de Phoebe Philo pour Céline marquait elle aussi une rupture formelle avec ses précédentes propositions. Pour Tancrède de Lalun, la réussite fut totale. "Chaque saison, Céline arrive en tête des collections qui impactent le reste de l’industrie, en particulier le segment contemporain", observe-t-il.

La maison du groupe LVMH, si copiée qu’elle n’a pas présenté sa dernière pré-collection aux médias, s’est risquée aux imprimés colorés de manière arty et décomplexée, loin de la rigueur bourgeoise qu’on lui connaissait. "Un succès absolu qui influencera tout le monde demain", jubile déjà l’expert du Printemps.

Alexander McQueen et Haider Ackermann (photos: PixelFormula)



Les détails couture ont occupé le devant de la scène chez la plupart des grands, de Dries Van Noten à Valentino, qui a composé selon Lizzy Bowring une véritable "ode à la couture". L’observatrice experte en retail de Stylesight cite aussi les collections Céline, Giambattista Valli et Haider Ackermann parmi son top 10 de la saison. "Ce qui fait la spécificité de Paris, explique l'ancienne directrice des tendances de Nordstrom, c’est bien sûr la maturité de ses collections, mais surtout la capacité des designers à travailler les matières à l'extrême, avec un résultat commercialement tangible et fiable". Et d’ajouter que "même chez Alexander McQueen cette saison, toute l’inspiration tribale correspond à un désir concret de la cliente, observe-t-elle. On a envie de cela".

Yang Li et Dries Van Noten printemps-été 2014 (photo PixelFormula)



Le sport s’introduit durablement dans le vestiaire luxe féminin, interprété en douceur dans des matières aériennes et subtiles. En témoigne la persistance du blouson de motard (porté avec passion contre une poitrine nue chez Yang Li, ci-dessus) et du bomber à zip, conjugué dans les textures phares de la saison: tulle de soie, organza, dentelles ou crochet. Du transparent, très souvent. D’ailleurs, quel succès commercial doit-on prédire à la jupe transparente, vue partout ? "Il s’agit d’une pièce difficile qui fonctionnera dans la rue à condition de la superposer à un short ou une jupe", prévient l’experte en retail de Stylesight. Ses collections préférées? "Dries Van Noten pour ses matières et son traitement subtil de la couleur or, Chloé et son safari luxe rempli de pièces commercialement ultra-désirables, et Louis Vuitton, qui a travaillé le denim et la dentelle avec un raffinement extrême".

Raz-de-marée maritime: Olympia Le Tan, Acne et Julien David (photos: PixelFormula)


Été oblige, la mer continue d'inspirer, en mode "ingénue" chez Olympia le Tan et sa collection pour Bretonne effrontée, baptisée "A Girl in Every Port". "L'amour à la plage", tel aurait pu être le titre de la collection de Jean Touitou chez A.P.C., qui visite le thème en version denim pour accompagner une femme chic sans talons, plus séduisante par son charme que par ses vêtements. La Suédoise et francophile Acne Studios a puisé son inspiration directement dans l'uniforme marin frenchy , de la vareuse jusqu'au ciré jaune, couleur star de la saison prochaine. Convaincant. Chez Kenzo aussi, il fut beaucoup question de poissons et d'océans. Mais de façon plus grave, puisque le duo californien Carol Lim et Humberto Leon a lancé un message écolo sur l'urgence de la préservation de la vie marine, avec une collection très bleue qui tentait la fusion tailoring et beachwear.

Certaines marques ont rivalisé d’ingéniosité pour produire des shows qui feront date, installant leurs collections dans un décor insolite à fort impact. On se souviendra ainsi longtemps du défilé entièrement chorégraphié de Rick Owens, de la scène de carambolage de voitures incandescentes qui a servi de toile de fond chez Givenchy et du rideau aquatique de Kenzo à la Cité du Cinéma de Saint-Denis. Les destinations sophistiquées existent aussi dans Paris intra-muros, comme l’a rappelé Olympia Le Tan à l’Aquarium de Paris. La palme du lieu le plus ludique revient à Jacquemus, qui s'est offert la plus grande salle d'arcade d’Europe, bien connue des geeks parisiens. Un décor plein d'énergie, à l'image d'une collection dont la fraîcheur a mis tout le monde d'accord.

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