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28 avr. 2016
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Rocket Internet : des interrogations croissantes concernant la valorisation des activités

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Reuters
Publié le
28 avr. 2016

Le Suédois Kinnevik a dévoilé une forte chute de la valeur de Global Fashion Group (GFG), mettant ainsi en avant les incertitudes croissantes concernant la valorisation des activités numériques, et entraînant à la baisse l'action de son co-investisseur, Rocket Internet.

Global Fashion Group


Kinnevik a déclaré que la baisse de valeur des activités de mode en ligne, dont l'évaluation se fait selon des méthodes différentes à celles de Rocket Internet, a pesé sur sa valeur d'actif net au premier trimestre. Les deux entreprises partagent la même stratégie, qui consiste à faire des paris de taille dans les marchés émergents et dans l'e-commerce, mais des différences en termes de stratégie et de tolérance au risque sont en train d'émerger.

La nouvelle, rendue publique mercredi, a touché une fois de plus le cours de l'action de Rocket Internet. Celle-ci accusait une baisse de 14,5 % à 13h GMT, les investisseurs craignant un possible impact sur la valorisation de ses autres activités. L'action de Rocket Internet a d'ailleurs chuté de 41 % depuis son introduction en Bourse en octobre 2014.

Kinnevik et Rocket Internet ont annoncé avoir réuni 300 millions d'euros supplémentaires pour GFG, qui est notamment exposé aux économies russe et brésilienne - toutes deux en difficulté -, mais aussi aux marchés du sud-est asiatique - qui se portent nettement mieux. GFG est donc maintenant évalué à 1 milliard d'euros, un chiffre en forte baisse donc.

Cette évaluation réduit la valeur de la participation de Kinnevik à hauteur de 38 %, et a forcé Rocket Internet, qui encore récemment évaluait GFG à 3 milliards d'euros, à accepter une réduction de 67 % de la valeur de sa propre participation.

D'une manière générale, les valeurs technologiques sont en difficulté depuis le 3e trimestre 2015 et les entreprises d'investissement ont perdu en moyenne un tiers de leur valeur, selon une étude récente CB Insights de KPMG.

« C'est une tempête parfaite car tous les voyants sont au rouge du point de vue des valorisations même si tout va bien pour l'entreprise », a ainsi déclaré Lorenzo Grabau, le PDG de Kinnevik.

Il a ajouté que Kinnevik adoptait une approche prudente, tenant compte de la réduction des financements disponibles sur les marchés privés, alors que celle de Rocket Internet se fonde sur la valeur des transactions.

« C'est la première marée basse pour le portefeuille de Rocket Internet, aussi le pessimisme ambiant se comprend », a ainsi déclaré Neil Campling, analyste chez Aviate Capital.

Kinnevik, qui est aussi un actionnaire majeur dans Zalando, a déclaré que sa valeur d'actif net avait baissé à 72,7 milliards de couronnes (7,94 milliards d'euros) en raison de la dévaluation de ses actifs publics et privés.

GFG regroupe notamment les activités de mode en ligne Zalora en Asie du Sud-Est, Dafiti en Amérique latine et Lamoda en Russie.

Kinnevik a par ailleurs annoncé que le groupe, qui a vendu l'an dernier son site d'annonces russe Avito, tirerait partie des faibles valorisations actuelles pour investir notamment dans la santé et les technologies financières.

Oliver Samwer, patron de Rocket Internet, reste pour sa part optimiste, et parle de croissance, d'échelle et du lancement rapide de nouvelles activités, à travers le processus de création interne appelé « SkyRocket ».

« Rien de notre thèse n'a changé », a-t-il ainsi déclaré lors d'une journée dédiée aux investisseurs organisée le mois dernier.

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