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23 févr. 2009
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Rossignol pense renouer avec le bénéfice dans deux ans

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Reuters
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23 févr. 2009

VAL D'ISERE (Reuters) - Rossignol, le plus ancien et le plus important fabricant de skis dans le monde, entend renouer d'ici à deux ans avec les bénéfices à l'issue d'un plan de restructuration draconien et d'un changement d'actionnariat, a déclaré dans un entretien à Reuters son nouveau président.


Rossignol automne-hiver 2008/2009

Bruno Cercley, qui avait dirigé le groupe jusqu'en 2005, en a repris les commandes en novembre dernier après la vente de la société par Quiksilver à la banque australienne Macquarie associée au groupe américain de biens de consommation Jarden.

Même si les conditions d'enneigement ont été particulièrement favorables cette année, il table sur un léger fléchissement de l'activité en raison de la crise économique.

Le chiffre d'affaires devrait rester stable en Europe de l'Ouest, mais reculer de 10 à 15 % dans le reste du monde, y compris l'Amérique du Nord, où Rossignol réalise 30 % de son chiffre d'affaires, le Japon et l'Europe de l'Est.

Pour éviter des pertes, Rossignol a suspendu la production de skis, chaussures et de fixations pendant deux mois jusqu'au 1er avril afin de réduire ses stocks, ce qui se traduit par la mise au chômage technique de 700 personnes, soit presque la moitié de l'effectif.

"Je ne vais pas produire plus, tant que je n'aurais pas vu le carnet de commandes, a souligné Bruno Cercley. Nous voulons nous assurer que nous produisons la quantité que nous pensons pouvoir vendre."

Bruno Cercley détient personnellement 2 % de Rossignol, Macquarie 81 %, le solde étant contrôlé par l'Américain Jarden, un groupe diversifié qui fabrique aussi bien des skis (K2 et Volkl) que des machines à café.

Rossignol, qui commercialise également les skis Dynastar, les chaussures Lange et les fixations Look, a été fondé en 1907 par Abel Rossignol. Il équipe les sportifs de haut niveau depuis les premiers Jeux olympiques d'hiver organisés à Chamonix en 1924.

Bruno Cercley a déclaré qu'il n'entendait pas réduire son budget consacré à la compétition. Il prévoit néanmoins de concentrer l'activité du groupe sur son métier de base, les équipements pour les sports d'hiver, et étudie toutes les options concernant les vêtements, qui représentent aujourd'hui 10 % du chiffre d'affaires et 20 % des pertes.

"Je ne vois pas pourquoi Rossignol ne pourrait pas être profitable en faisant des skis. K2 en Amérique et Volkl en Allemagne le sont, alors pourquoi pas nous ?, a-t-il observé. Nous tablons sur une profitabilité dans deux ans. Notre objectif est de se rapprocher de l'équilibre le plus vite possible".

Numéro un mondial du ski par unités vendues, Rossignol est toutefois devancé par Atomic et Salomon, qui appartient au groupe finlandais Amer Sports, dont le chiffre d'affaires dans les équipements de sports d'hiver a totalisé 394 millions d'euros l'an dernier.

Rossignol a accusé une perte opérationnelle de 50 millions d'euros sur un chiffre d'affaires de 270 millions en 2008.

La stratégie de Bruno Cercley contraste avec celle de son rival Fischer, le fabricant de skis autrichien qui cherche à se diversifier dans les équipements de sports estivaux. Fischer, qui est toujours contrôlé par la famille fondatrice, sera proche de l'équilibre lors de l'exercice en cours au 28 février, même si le chiffre d'affaires a reculé de 13 % à 134 millions d'euros, a déclaré la société à Reuters.


Bataille acharnée

Macquarie et Jarden ont repris Rossignol pour 40 millions d'euros, une fraction de la somme de 360 millions payée en 2005 par Quiksilver pour mettre la main sur le groupe Rossignol, qui détenait alors également les équipements de golf Cleveland.

Avant d'être reprise par Quiksilver, Rossignol appartenait depuis 1956 à Laurent Boix-Vives, un fils de maraîchers qui a surfé sur le développement des stations de sports d'hiver à partir des années 1960.

En 1980, les ventes mondiales de skis ont atteint un record avec quelque 11,2 millions de paires.

Mais depuis le début des années 1990, les ventes sont tombées à environ 3,5 millions de paires, créant ainsi d'importantes surcapacités pour des marques comme Rossignol, Fischer, Head ou encore Atomic.

Les ventes de skis ont été pénalisées par le développement de la location, l'effondrement du marché japonais ainsi que par l'apparition de nouveaux sports comme le snowboard.

Le groupe français, qui fabrique environ 600 000 paires de skis Rossignol par an et plus de 300 000 paires de Dynastar, a l'intention de réduire ses coûts et de rationaliser sa gamme en supprimant 30 % de ses 400 modèles.

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