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Saint Laurent, Montana, Alaïa: vente exceptionnelle de haute couture à Drouot

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14 oct. 2013

PARIS, 14 oct 2013 (AFP) - Jusqu'à 119.000 euros pour une robe Yves Saint Laurent: une muse du grand couturier a dispersé lundi à l'Hôtel Drouot à Paris sa collection privée, des enchères exceptionnelles avec environ 12.000 pièces des plus grands créateurs vendues en plusieurs séances.

La robe Yves Saint Laurent. Image: AFP


Yves Saint-Laurent "avait créé (la robe, ndlr) sur moi" en 1968, a raconté Danielle Luquet de Saint Germain à l'AFP. "Son inspiration venait sur chaque mannequin. Il créait selon ce que la fille lui inspirait. (...) Il avait créé le smoking sur moi avec une blouse transparente", suscitant "l'étonnement de la presse du monde entier".

L'année suivante, il crée la robe en mousseline, celle en vente lundi, un modèle connu du grand couturier: elle est longue, noire, totalement transparente au niveau du buste, ornée de plumes d'autruche sur les hanches. Elle était estimée entre 13.000 et 15.000 euros, mais a été adjugée à 118.750 euros (avec les frais). Elle a été achetée par "une institution française", a indiqué Drouot sans donner plus de précisions.

"C'est une collection exceptionnelle, (...) une des plus belles collections de haute couture au monde, (qui était) encore entre les mains d'un privé", a dit le commissaire-priseur Georges Delettrez. Elle appartenait à "l'une des femmes les plus élégantes du monde". Il a fallu cinq semaines pour faire l'inventaire de toutes les pièces qui étaient conservées dans "un énorme dressing de 500 m³". "L'état de conservation des vêtements est absolument impeccable. Chaque robe se trouvait dans du papier de soie pour qu'elle garde sa forme".

Des sandales à 8.750 euros

Dans le public, Jessica Meza, qui travaille pour le musée de la mode de Santiago au Chili, a bien remarqué que les pièces étaient en "parfait état". Elle a fait des repérages pour le président du musée, qui devait acheter à distance. "C'est une vente assez importante pour faire le déplacement", a-t-elle dit à l'AFP. "Il y a des choses spectaculaires et aussi des plus discrètes, mais intéressantes".

Danielle Luquet de Saint Germain, qui vit à Genève, n'était pas présente, en revanche. "C'est trop douloureux. (...) Ca me fend le cœur de voir ces robes partir les unes après les autres", a-t-elle dit par téléphone à l'AFP.

"Cette collection est le fil rouge de toute ma vie". Elle parle de ses débuts, "à vingt ans", chez Yves Saint Laurent, de Claude Montana, son "meilleur ami". Elle a également travaillé chez Dior. Ces robes lui ont été offertes par les couturiers qui la payaient souvent en vêtements, ou par son mari.

"J'ai gardé tout ce que je trouvais significatif, comme une base de référence pour ceux qui aiment la mode. (...) Rien n'est démodé. Tout est tellement beau". Mais "il a fallu que je m'en sépare. C'était trop envahissant et trop coûteux. Je n'ai plus la force de m'en occuper", a-t-elle affirmé.

Plus de 300 lots, dont des créations de Claude Montana, Azzedine Alaïa ou Thierry Mugler, étaient mis aux enchères lundi.

La vente a suscité l'intérêt de grands collectionneurs de mode ainsi que de musées français et étrangers, a dit Drouot. Le musée des Arts décos à Paris a préempté 19 pièces. Galliera, le musée de la mode, a mis la main sur une robe du soir de satin noir imprimé d'un motif floral créée par Christian Lacroix pour Jean Patou en 1987.

Une robe d'Yves Saint Laurent en hommage à Picasso, portant des broderies de François Lesage, a été adjugée par téléphone, à un musée étranger, à 68.750 euros. Des sandales de Roger Vivier réalisées pour la collection africaine de Saint Laurent, estimées entre 400 et 600 euros, sont parties à 8.750 euros. Un manteau de Romeo Gigli a atteint 20.000 euros; un autre de Paco Rabanne a été adjugé à 37.500 euros. La vente a rapporté lundi 714.437 euros.Par Caroline TAIX

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