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20 juin 2013
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SCC Vendôme: "Avec Saint-Honoré, on est encore à la naissance d'une rue"

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20 juin 2013

Le cabinet spécialisé en immobilier retail SCC Vendôme est au cœur de nombreuses transactions parisiennes, dans les artères du luxe essentiellement. Récemment encore, il pilotait la tractation Viktor & Rolf à la place de Anne Fontaine ou Kiehl’s à la place de Look, rue Saint-Honoré. De même Roger&Gallet et Dior Beauté. Il a aussi installé Acné quai Voltaire. Franck Valet, son directeur, et Samansa Santi-Weil, consultante senior, livrent à FashionMag Premium leur analyse du marché.


Franck Valet



FashionMag: Comment se porte le marché des transactions dans votre secteur de prédilection, le luxe?
Franck Valet: Le marché du luxe ne connaît pas vraiment la crise. Les marques ont tendance à se concentrer encore plus sur les emplacements prime, en plein cœur du trafic clients. De plus, on a affaire à des groupes qui ont des moyens, du fait des importants taux de croissance au niveau mondial.

FM: Mais la force d’attraction de Paris est-elle toujours intacte?
Samansa Santi-Weil: De fait, Paris est une des grandes capitales du shopping. Si l’on regarde par exemple le quartier de la rue Saint-Honoré, il regroupe la plus forte concentration de grands hôtels en Europe depuis notamment l’ouverture du Mandarin Oriental.


Samansa Santi-Weil



FM: Tout va donc très bien pour vous?

FV: De fait, nous ne manquons pas de clients potentiels. Les demandes restent nombreuses sur Paris avec 60% d’Italiens, 20% de Français et 20% d’autres origines (américaine, anglaise, allemande, brésilienne, etc. ). Pour ces marques, Paris fait partie des trois villes qui comptent pour l’installation d’un flagship en Europe avec Londres et Milan. Pour autant, nous manquons aujourd’hui d’offres à leur proposer. En dehors même du phénomène Colette qui a attiré nombre de marques sur la rue Saint-Honoré, c’est aussi l’absence d’offres ou presque sur le Faubourg qui a conduit son prolongement à être aussi dynamique.

FM: Mais les artères du luxe, comme le Faubourg donc, la rue Saint-Honoré et l’avenue Montaigne, sont-elles interchangeables ou expriment-elles des positionnements différents?
FV: Elles ne sont certes pas positionnées de la même façon. Le Faubourg est par exemple plus institutionnel avec comme locomotive Hermès. Il bénéficie d’une fréquentation étrangère dominante. La rue Saint-Honoré, elle, a une clientèle plus jeune, qui compte plus de Français aussi qui fréquentent Colette et par exemple l’hôtel Costes, alors que le Mandarin ne compte quasiment que des étrangers parmi sa clientèle.
SSW: La rue Saint-Honoré est surtout beaucoup plus diversifiée. Evidemment, elle compte de grandes griffes comme Balenciaga, Chloé, Cavalli, etc. Mais elle est en train de s’ouvrir aussi à des concepts de cosmétiques comme Kiehl’s, Roger & Gallet, Dior Parfums. Chanel devrait y ouvrir aussi une boutique beauté dans le cadre des rachats de surfaces que la maison a piloté récemment. L’arrivée des cosmétiques attirera encore davantage une clientèle aspirationnelle et non pas seulement la clientèle première du luxe.
FV: Des enseignes comme Zara et & Other Stories, en s’installant rue Saint-Honoré, ont bien compris l’intérêt qu’elles avaient à voisiner avec les griffes. Ce sont pour une part les mêmes clients.

FM: Quel est le niveau des valeurs locatives rue Saint-Honoré?

FV: Entre 7 500 et 8 000 euros le mètre carré. Mais c’est une rue où il y aura encore pas mal de changements car il y a des possibilités d’implantations. Pour moi, on est encore à la naissance d’une rue…

FM: Vous ne semblez pas aussi enthousiaste pour l’avenue Montaigne?

FV: Il y a toujours un fort attrait pour Montaigne et même un regain d’intérêt. Mais cette avenue reste une adresse de destination, plus élitiste, avec un plus faible trafic. Il n’y a pas de clientèle spontanée à cet endroit.

FM: Et Saint-Germain?
FV: Il y a eu du mouvement quand Ralph Lauren a ouvert. De même, quand Hermès s’est installé rue de Sèvres. Aujourd’hui, on attend la marque chinoise Shang Xia pilotée par la griffe française. Mais il faut admettre que ces deux implantations, d’Hermès et de Shang Xia, sont quelque peu… surprenantes dans ce quartier. La clientèle à Saint-Germain est à 50% française et à 50% européenne. Souvent, il s’agit d’ailleurs d’une clientèle européenne résidentielle.

FM: A la différence d’autres capitales, il semble difficile de faire émerger d’autres quartiers pour le luxe à Paris?

FV: On a un exemple qui n’a pas vraiment pris, le Palais Royal. Marc Jacobs, quand il s’est installé, a dynamisé le quartier, a fait parler. Mais c’est vite retombé. Les rues qui se développent aujourd'hui ont une histoire avec le luxe....

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