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14 févr. 2013
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Sourcing textile: en plein rebrassage des cartes

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14 févr. 2013

Entre hausse du prix du coton, augmentation des salaires, relocalisation vers l'Ouest, réorganisation du sourcing à l'Est, les deux prochaines années seront marquées par l'émergence de nouveaux pays producteurs. C'est ce qu'indique Le Worldwide Sourcing version 2013, présenté sur le salon Zoom by Fatex par la Fédération de la Maille et de la Lingerie.

Alors que 2011 aura été marquée en Europe par un sourcing bangladais du textile-habillement dépassant désormais celui de la Turquie, les deux prochains exercices connaitront d'autres bouleversements selon le rapport. Après le décrochage de l'Inde, le rapport table sur l’émergence du Cambodge, le renforcement du Bangladesh, du Sri Lanka et du Pakistan. Mais également, plus proche de la France, la montée de la Bulgarie et surtout une forte présence de la Turquie.

Cette dernière serait l'une des principales bénéficiaires du souci de relocalisation de l'approvisionnement, de même que le Portugal. "Le pays s'est nettement bien positionné. Il récupère ainsi pas mal de parts de marché, notamment sur le marché de la maille", explique Anne-Laure Linget, responsable internationale de la Fédération de la Maille et de la Lingerie. Côté Made in France, l'étude souligne l'intérêt de grandes enseignes de la distribution, telles Système U.

"Mais, sur l'ensemble de la zone Pan-Euromed, la situation est en demi-teinte", pour Anne-Laure Linget. Les conséquences des printemps arabes se font encore sentir, se traduisant d'un côté par l'effondrement des exportations égyptienne et syrienne, et de l'autre par le recul induit au Maghreb par l'instabilité politique tunisienne, et qui rejaillit sur le Maroc. "Une opportunité pour les pays de l'Est", indique ainsi le rapport.

De son côté, l'Inde pourrait déjouer les prévisions faites depuis plusieurs années. "Le pays était programmé pour devenir la nouvelle Chine textile", indique Anne-Laure Linget. "Elle ne le sera jamais". Dans ce cas présent, c'est le Bangladesh qui tire le plus avantage de la situation. D'autant que le pays profite en plus des rapides hausses des salaires en Chine, alors que "l'usine du monde" se tourne peu à peu vers sa demande intérieure, et quitte peu à peu la production de basiques.

Mais les salaires ne sont pas les seuls coûts à retenir l'attention. Alors qu'en 2013 la demande de coton va croître tandis que la production a chuté, une hausse des coûts devrait se faire jour. "Dans les 3 prochains mois", prévient d'ailleurs Anne-Laure Linget. Après la flambée spectaculaire de 2011 et l’accalmie de 2012, "le problème du coton reste entier".

Reste que ces paramètres pourraient bien marquer l’émergence de l'Afrique comme nouvelle destination pour le secteur. Ce que la Chine semble avoir bien compris, dopant de 12% ses exportations vers le pays. Une manière de profiter de l'accord Agoa, et des exportations à tarif préférentiel qu'il permet vers l'Amérique. Mais pas seulement: l'Empire du Milieu entend bien sécuriser son approvisionnement de coton via les cultures africaines.

De nombreuses évolutions attendent donc le marché du textile-habillement. Des prévisions plutôt positives pour Anne-Laure Linget. "Certes les coûts des matières premières et du travail vont augmenter", explique cette dernière, "mais nous avons l'avantage d'avoir une certaine visibilité dessus".

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