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8 janv. 2018
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Spartoo : quelle place pour André dans la stratégie ?

Publié le
8 janv. 2018

Marque historique du groupe Vivarte, le chausseur André devrait passer dans le giron du Grenoblois Spartoo. Une acquisition qui s’inscrit dans la stratégie du pure player, qui a petit à petit développé ses marques propres et déployé un réseau de magasins physiques.


L'un des 12 concept stores Spartoo - Spartoo


« Nous n’avons pas d’idée arrêtée et sommes ouverts à tous les scénarios, confiait à FashionNetwork le PDG, Boris Saragaglia, en août dernier, après le rachat de l’activité chaussure du groupe Kindy. Nous cherchons à acquérir de nouvelles marques, côté chaussure mais aussi textile. On s’est positionné sur plusieurs dossiers, ça n’a pas toujours fonctionné. L’idée est de cibler des marques possédant une vraie histoire et un savoir-faire, et de continuer à investir en France. »

Aujourd’hui à la tête d’un réseau d’une douzaine de boutiques propres, Spartoo fait donc un grand pas dans l’omnicanal. L’entreprise, à la tête d’une douzaine d’adresses physiques, va se retrouver propriétaire d’une enseigne revendiquant pour l’heure 120 adresses en France et 40 autres à l’étranger. Des sources syndicales au sein de Vivarte confiaient il y a quelques jours que l’acheteur envisagé pour André se positionnerait sur une reprise de 70 à 80 % du réseau. La direction évoque, elle, l’ensemble du périmètre, selon Les Echos. Les annonces à venir sont de fait très attendues.

Stratégies de marques

Mais, outre le réseau de Spartoo, André représente un ajout majeur pour la galaxie de marques propres déployées par le pure player. Premier rachat par Spartoo d’une griffe extérieure, qui plus est dotée de son propre outil de production, Kindy portait à dix le nombre de marques pilotées par l’entreprise, parmi lesquelles Citrouille et Compagnie (enfant), Carlington (formel), So Size (grande taille), Botd (basiques), Dream in Green (écolo/roots) ou encore Yurban (street).

« L’activité de ces griffes est en croissance de 30 % chaque année, expliquait Boris Saragaglia. L’objectif est que nos marques propres représentent d’ici 2020 15 à 20 % de notre chiffre d’affaires. »

Se pose au final la question financière, qu’il s’agisse de la valorisation d’André comme de la capacité de Spartoo à financer la continuité de l'enseigne. André se composerait à ce jour de 750 salariés, pour un chiffre d’affaire dépassant les 100 millions d’euros. De son côté, Spartoo emploie 350 personnes et attire 14 millions de visiteurs uniques mensuels dans 25 pays d’Europe. Les ventes avaient en 2016 atteint 150 millions d’euros, en hausse de 10 %, pour une offre composée de 300 000 modèles et 3 500 marques. L'acquisition du chausseur représente une véritable transformation du modèle de Spartoo, avec, en plus des défis propres aux acteurs du secteur, celui posé par l'intégration d'une structure de l'ampleur d'André.

En août, le magazine Challenges indiquait que Spartoo était « à vendre ». Contactée par FashionNetwork.com, la société indiquait pour sa part être simplement « ouverte à toutes les possibilités », dans le cadre d’un cycle de réflexion engagé tous les trois ans par la société alpine. « On sait que la concurrence française a eu de gros soucis en fin d’année dernière et sur le début 2017. Et donc nous nous disons que nous sommes bien placés pour avoir de nouveaux partenaires dans cette aventure, sachant que nous avons aussi des actionnaires historiques qui pourraient être amenés à sortir », nous expliquait alors le PDG.

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