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Paul Kaplan
Publié le
18 déc. 2017
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Sports Direct présente des résultats mitigés

Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
18 déc. 2017

Du bon et du moins bon pour Sports Direct, le propriétaire des marques Flannels et Bob's Stores. Le groupe a connu des hauts et des bas ces dernières années. Dans un contexte troublé pour le secteur de la distribution britannique, et particulièrement pour les marques de mode, comment s'en est-il sorti dernièrement ?

Sports Direct/Nike


Ses résultats pour la première moitié de son exercice, annoncés jeudi dernier, confirment que l'expression "des hauts et des bas" est adaptée à sa situation. Ses ventes ont progressé, et particulièrement pour ses produits haut de gamme. Mais son endettement augmente aussi, et si son bénéfice sous-jacent avant impôts progresse, son bénéfice constaté connaît un fort déclin. Que se passe-t-il au juste ? 

Sports Direct est clairement une entreprise en transition. Pour avoir un tableau précis de la situation, il faut commencer par observer les chiffres. Au cours des 26 semaines qui se sont achevées le 29 octobre, les recettes du groupe ont progressé de 4,7% pour atteindre 1714 millions de livres (1953 millions d'euros), ou 1,2% compte non tenu de l'incidence du change. La vente au détail d'articles de sport au Royaume-Uni a perdu 1% et s'élève à 1142 millions de livres (1301 millions d'euros) "en raison de la réduction des publicités sur Internet et de fermetures de magasins, dans le cadre de l'élévation continue du portefeuille de marques".

La vente au détail d'articles de sport à l'international a baissé de 0,8% compte non tenu de l'incidence des taux de change. Les ventes aux États-Unis (sans comparaison possible car le groupe n'a fait son entrée sur le marché américain qu'au mois de mai, en rachetant Bob's Stores) ont atteint 63,9 millions de livres (72,8 millions d'euros), tandis que ses ventes de produits haut de gamme ont bondi de 65,5% pour atteindre 67,7 millions de livres (77,1 millions d'euros). Les recettes des ventes de son portefeuille de marques ont chuté de 13,9% pour s'établir à 97,2 millions de livres (110,8 millions d'euros), tandis que la marge brute du groupe a baissé de 180 points de base et s'élève à 38,6%. 

Qu'en est-il des bénéfices ? Le bénéfice sous-jacent avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement a progressé de 7,4% et atteint 156,1 millions de livres (177,9 millions d'euros), et le bénéfice sous-jacent avant impôts a réalisé une forte progression de 22,9%, pour s'élever à 88 millions de livres (100,3 millions d'euros). En revanche, le bénéfice constaté avant impôts a dévissé de 67,3% et s'établit à 45,8 millions de livres (52,2 millions d'euros). Quant à la dette nette, elle a augmenté d'un impressionnant 159% et dépasse les 471 millions de livres (536 millions d'euros), "en raison de la prolongation des investissements à long terme dans le domaine des relations stratégiques, des stratégies commerciales et du programme de rachat des actions".

Flannels


Point intéressant, l'entreprise a aussi annoncé "qu'en raison de la demande croissante de la clientèle pour de nouveaux produits, les provisions sur stocks ont progressé pour atteindre 133,9 millions de livres (152,1 millions d'euros), contre 122,7 millions (139,4 millions d'euros) sur la période précédente". L'actionnaire majoritaire et PDG Mike Ashley était très enthousiaste à propos de tout cela, déclarant : "Notre stratégie d'élévation commerciale nous permet de réaliser actuellement de très bonnes performances de ventes dans nos magasins, et nous avons l'intention d'ouvrir entre 10 et 20 nouveaux magasins l'an prochain". Il a ajouté que même si le bénéfice constaté avant impôts "a subi l'influence des ajustements à la juste valeur et de facteurs transitionnels comme la cession d'actifs sur l'exercice fiscal 2017, notre bénéfice sous-jacent avant impôts reste solide. Nous continuerons d'investir sur le long terme".

Le secteur des ventes internationales d'articles de sport, qui concerne la gestion des magasins de vente au détail de produits sportifs et toutes les activités en dehors du Royaume-Uni, notamment les centres de distribution européens, en Belgique et en Autriche, représente plus de 20% des recettes du groupe. La croissance des ventes, qui atteint 4%, est causée principalement par l'évolution favorable du taux de change entre l'euro et la livre sterling. Compte non tenu de l'incidence des taux de change, la progression est nettement plus modeste, en raison de fermetures de magasins, même si les bonnes marges obtenues pendant le semestre prouvent au moins que les affaires progressent sur le secteur.

En ce qui concerne les États-Unis, le rachat au mois de mai des enseignes Bob's Stores et Easter Mountain Sports lui ont permis de mettre la main sur 49 magasins, et fourniront à Sports Direct "une porte d'entrée sur le secteur de la distribution aux États-Unis, ainsi qu'une plateforme pour augmenter ses ventes en lignes sur le marché américain" - le groupe britannique prévoit d'ailleurs d'annoncer de bons résultats dans le futur. 

Dans le même temps, la division haut de gamme du groupe, qui comprend Flannels.com, Cruise et Van Mildert, a connu une forte progression, largement attribuable à l'augmentation des ventes sur le site de Flannels.com, ainsi qu'à ses nouveaux magasins.

Mais la marge brute a baissé pour s'établir à 31,8% en raison d'une augmentation des stocks et de "la demande des consommateurs pour les produits les plus récents". Les coûts d'exploitation ont augmenté de 34,2% pour atteindre 20,8 millions de livres (23,6 millions d'euros), à cause des nouveaux magasins Flannels, et le bénéfice sous-jacent avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement du secteur haut de gamme de Sports Direct a baissé : il a atteint 0,7 million de livres (0,8 million d'euros) contre 0,9 million (1 million d'euros) précédemment.

Sports Direct est donc bien une entreprise en transition. Malgré l'appréciation enthousiaste de Mike Ashley, il est peut-être trop tôt pour mesurer le succès de cette orientation - la suite au prochain épisode.

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