×
5 088
Fashion Jobs
Publicités
Par
AFP
Publié le
14 janv. 2013
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Swatch Group se hisse dans la cour des grands de la joaillerie

Par
AFP
Publié le
14 janv. 2013

ZURICH, 14 jan 2013 (AFP) - L'horloger suisse Swatch Group entre par la grande porte dans le secteur de la joaillerie avec l'achat, annoncé lundi, du diamantaire américain Harry Winston, l'une des marques les plus prestigieuses dans le monde de la haute joaillerie.

Lundi, le groupe suisse, numéro un mondial pour les montres, qui n'avait pas acquis de nouvelles marques depuis la reprise des montres de prestige Glasshütte et de Jaquet Droz en l'an 2000, a en effet réalisé un coup de maître en s'offrant "le joailler des stars" pour un milliard de dollars. Connu pour ses relations étroites avec Hollywood, Harry Winston, dont le fondateur éponyme était surnommé "le roi des diamants", fait partie des plus grandes références dans le monde des diamants.

La maison a notamment taillé des pierres de légende telles que le Taylor-Burton, un diamant en forme de poire de 69,42 carats offert à l'actrice américaine Liz Taylor par Richard Burton pour sceller leur union houleuse. Harry Winston a également fait partie de la liste privilégiée des propriétaires du diamant Hope, une pierre bleue considérée comme un joyau maudit ayant appartenu à Louis XIV et, plus tard, à la reine Marie-Antoinette.



Harry Winston, "une véritable percée dans la haute joaillerie pour Swatch Group"

La marque rivalise directement avec les plus grandes griffes de la haute joaillerie, telles que Cartier, propriété du groupe suisse Richemont, mais aussi Bulgari, acheté en 2011 par le français LVMH, et le diamantaire britannique Graff.

L'achat de la marque américaine constitue en cela une "véritable percée dans la haute joaillerie pour Swatch Group", souligne Thomas Chauvet, analyste chez Citigroup dans une note de recherche. Jusqu'à présent, Swatch Group était avant tout présent sur le segment de la bijouterie fantaisie par le biais de collections propres à la marque Swatch ainsi que de Calvin Klein, la marque américaine pour lequel le groupe suisse sous-traite la fabrication de montres. "La bijouterie avait toujours été une activité marginale pour le groupe", souligne l'analyste de Citigroup.

Selon les estimations de Thomas Chauvet, l'impact de cet achat sur les bénéfices devrait être limité. "Nous estimons que la transaction va accroître le bénéfice par action pour l'année 2013 d'environ 2%", prévoit-il. Cette opération va néanmoins permettre aux activités de Swatch Group de changer de dimension.

L'expansion dans la joaillerie faisait partie des ambitions de Nicolas Hayek, le fondateur du groupe, qui voulait lancer des lignes dans ce secteur d'activité, notamment à travers la marque Léon Hatot. Le groupe suisse avait cependant essuyé une série de revers sur ce segment, en particulier avec l'achat de l'Italien Bulgari par LVMH. Bien que Nick Hayek ait nié avoir fait partie des candidats sur les rangs, les rumeurs de marché évoquaient régulièrement Swatch Group parmi les repreneurs du diamantaire dont le siège est à Rome.

Le groupe avait également tenté une percée sur le segment des montres de joaillerie par le biais d'un partenariat avec Tiffany & Co, qui confiait à Swatch Group la fabrication de ses montres.

Les relations entre les deux sociétés s'étaient cependant envenimées, Nayla Hayek, la présidente de Swatch Group, ayant reproché à Tiffany & Co de ne pas faire suffisamment d'efforts pour mettre en valeur les montres dans ses boutiques. En 2012, Swatch Group avait brutalement mis un terme à son contrat avec Tiffany & Co. "L'acquisition de la marque de luxe Harry Winston s'insère bien dans Swatch Group dans la mesure où elle comble les lacunes dans les montres de haute-joaillerie", estime René Weber, analyste chez Vontobel, dans une note de recherche.

Harry Winston dispose de 22 boutiques fans le monde. La marque réalise 75% de ses ventes en joaillerie et 25% de ses ventes sur le segment des montres, rappelle l'analyste qui souligne cependant que la marque souhaite renforcer sa division horlogerie. "Dans la mesure où Harry Winston veut se développer davantage dans les montres, Swatch Group est la meilleure solution", a dit René Weber à l'AFP.

Swatch Group est connu pour ses montres en plastique multicolores, mais est présent sur toutes les gammes de prix, des montres pour enfants Flik-Flak aux marques de prestige telles qu'Omega, la montre de James Bond, et Breguet, dont certains modèles se vendent jusqu'à un million de francs suisses (800.000 euros).

Par Nathalie OLOF-ORS

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2023 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.