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19 déc. 2007
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Tati revient de loin

Publié le
19 déc. 2007

Depuis que le groupe Vetura a racheté Tati en août 2004, l’enseigne au Vichy rose et blanc a retrouvé des couleurs. De 100 millions de chiffre d’affaires en 2004, elle affiche cette année un résultat d’environ 225 millions d’euros. Cette croissance exponentielle donne des ailes à une marque qui ne s’interdit rien pour le futur...


Tati Or intérieur de magasin

« Lorsque Vetura a racheté Tati en 2004 pour 10 millions d’euros, tout le monde pensait que la marque était morte et enterrée, explique sans détours Xavier Piraux, le directeur franchises et licences de Tati. On a mis ça sur le compte de l’ouverture internationale et de la diversification qui représentaient seulement 20 % de notre chiffre d’affaires. »

La vérité est ailleurs. Le capital du groupe Tati était détenu, jusqu'en juin 1995, par les membres de la famille Ouaki et la direction était assurée par Madame Éléonore Ouaki depuis la mort de son mari en 1984. En juin 1995, l'actionnariat a été simplifié et restructuré et Fabien Ouaki a pris le contrôle et la direction du groupe a cette époque.

Fabien Ouaki, ses deux frères Albert et Sylvain et sa sœur Esther s'endettent lourdement pour racheter la majorité du capital à leur mère. Le jeune PDG s'octroie 57 % des titres, les autres 14 % chacun. La charge est lourde : la fratrie doit rembourser 200 millions de francs (30,5 millions d'euros) à ses créanciers d'ici à 2006. Qu'importe. Les finances du groupe, elles, sont au mieux et les dividendes s'annoncent confortables.

L'année 1994, la meilleure de Tati, se termine avec des ventes de 262 millions d'euros, un bénéfice net de 15,4 millions d'euros et une copieuse trésorerie de 67 millions d'euros. Tati achetait au jour le jour jusqu'à 40 produits différents. Ils étaient mis en rayon aussitôt. Dans les vingt-quatre heures, les vêtements qui n'avaient pas été vendus étaient transférés dans des bacs baptisés "en affaire", c'est-à-dire en démarque. Et ça tournait !

Bercé par le succès, Fabien Ouaki ne prend pas, alors, la mesure de la concurrence toute neuve et très rude des nouveaux princes du vêtement mode et pas cher : H&M, par exemple, fonctionne à une toute autre échelle. Quand Tati commande 5 000 pièces, ses concurrents en demandent 50 000 à leurs fournisseurs asiatiques. Quand Tati propose quelques nouvelles collections chaque année, les nouveaux arrivants renouvellent les leurs toutes les six semaines.

A cette époque, le pôle achat de Tati était structuré de façon verticale. La dizaine d’acheteurs devait se concentrer exclusivement sur des domaines précis : vêtements homme, femme, bazar… « Cette méthode nous a posé de sérieux problèmes, décrypte Xavier Piraux. Dans le Hard Discount, les bénéfices sont tirés des volumes vendus. Lorsqu’un acheteur spécialisé homme achetait des doudounes au Bangladesh, il ne devait pas acheter celles de femmes... Une aberration dans un métier où la mission principale est de baisser les prix grâce aux volumes achetés. Avant le dépôt de bilan, on achetait presque au prix de vente. »

Le pôle achat est désormais structuré de façon horizontale, une méthode qui a fait la force du groupe Vetura, lui-même filiale du groupe Eram. Les cinq acheteurs sont spécialisés par type de produits, par pays… Ce qui leur permet de négocier d’énormes volumes auprès de fournisseurs.

Tati doit son retour aux affaires au bureau de style, la pierre angulaire du groupe Vetura, dont le textile représente 60 % du chiffre d’affaires. « La plupart des hard-discounters se fournissent en produits textiles par exemple à la foire de Canton en Chine, rappelle Xavier Piraux. De ce fait, les clients retrouvent les mêmes produits dans chaque enseigne. Grâce au savoir-faire Vetura, nous vendons désormais nos propres articles, crées par le bureau de style, au gré des saisons et des tendances. »
L’année de la reprise par Vetura, en 2004, Tati avait tout de même vendu 25 millions d’articles à 7 millions de clients, pour un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros.

Cette année, le chiffre d’affaires du groupe Vetura – détenu à 50 % depuis avril 2003 par la famille Biotteau, propriétaire du groupe Eram – devrait avoisiner les 450 millions d’euros ; avec plus de 22 millions de clients et plus de 100 millions d’articles vendus. Tati et Fabio Lucci faisant 50 % chacun de ce chiffre d’affaires.

« Notre groupe se porte très bien, conclut Xavier Piraux. C’est pourquoi la marque Tati va reprendre sa politique d’ouverture internationale et de diversification. » Ces campagnes ont débuté par l’accord de licence passé entre Tati et Marc Orian pour relancer Tati Or. Tati Optique et Tati Vacances ne devrait pas tarder à rouvrir également.

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