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17 déc. 2013
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Thierry Petit (ShowroomPrivé): "Jacques-Antoine Granjon n’accepte pas la concurrence"

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17 déc. 2013

Thierry Petit

ShowroomPrivé a décroché en première instance l’annulation de la marque Vente-Privée, réclamant ainsi pour toute entreprise le droit d’utiliser l’expression "vente privée". Son co-fondateur, Thierry Petit, revient sur l’origine de cette procédure "de défense", lancée suite aux nombreuses pressions judiciaires venues de Vente-Privée.

FashionMag.com: D’où est partie cette procédure judiciaire ?
Thierry Petit: Nous devions nous défendre. Tout comme d’autres acteurs, nous avons vécu une multiplication des mises en demeure émises par Vente-Privée, qui nous reprochait l’usage de l’expression "vente privée". Et, lorsque cela n’était plus tenable, nous avons simplement riposté. Et la justice nous a donné raison: "vente privée" est un terme générique que n’importe qui peut utiliser, dans n’importe quel secteur. Ce qui est important aussi, c’est que la justice a reconnu l’antériorité du métier que nous menons aujourd’hui.

FM: L’animosité entre vous était donc bien antérieure ?
TP: Quand on a commencé à devenir la seule alternative à Vente-Privée, voilà un peu plus de deux ans, ils ne l’ont pas supporté, nous ont fait plusieurs procès, et tenté de faire tomber notre marque. On nous a accusés de copie, de plagiat, de voler leur nom et leur couleur. Il y a eu descentes de police, visites d’huissiers, saisies de biens… C’était profondément injuste, car nous pratiquions ce métier depuis longtemps. Nous avons commencé avec notre magasin physique, le Showroom 30, à la fin des années 90. Nous faisions des ventes privées physiques, sur le même principe qu’aujourd’hui. Les membres étaient conviés par des flyers, et nous proposions de grandes marques qui tournaient tous les 3 jours. Et nous avons migré en ligne en 2006. Nous avons développé les ventes privées physiques au même titre que Jacques-Antoine Granjon, qui fut effectivement le premier à les digitaliser par la suite. Aujourd’hui, nous nous battons pour l’usage du terme "vente privée".

FM: Faut-il y voir un lien avec l’enquête de l’autorité de la concurrence sur d'éventuelles pratiques de Vente-Privée ?
TP: C’est cette affaire, et notre témoignage, qui est à l’origine de l’agressivité dernière de Jacques-Antoine Granjon. Comme l’ensemble des acteurs, nous avons été interrogés après la plainte de Brandalley pour concurrence déloyale. Sont pointés les contrats d’exclusivité de Vente-Privée. Et Vente-Privée risque gros, l’amende s’élevant à 10 % du chiffre d’affaires si ces pratiques sont condamnées. Or, si une marque reste bloquée sur Vente-Privée pendant des années, les consommateurs n’auront pas forcément les meilleurs prix. Nous, nous voulons simplement pouvoir concurrencer Vente-Privée sur le plan commercial, pas juridique.

FM: Une concurrence sur l’offre ?
TP: Contrairement à ce que Vente-Privée dit, nous ne sommes pas focalisés sur la copie. Si notre logo a un point rose, c’est que nous utilisions historiquement cette couleur dans notre showroom, et que notre site n’est qu’une déclinaison en ligne de ce dernier. Ces accusations sont donc pénibles car nous cherchons sans cesse à nous différencier. Notamment avec la livraison rapide, et en termes d’activité mobile où nous faisons plus d’audience qu’eux. Et nous, nous nous attachons à la femme et à la mode, là où ils se diversifient tous azimuts. C’est là-dessus que nous voulons fonctionner, pas sur une guerre d’utilisation des mots. Et pas sur des contrats d’exclusivité avec les marques s’étalant pendant des années… Mais le fait est que Jacques-Antoine Granjon n’accepte pas la concurrence.

FM: Quelles ont été les conséquences de cette première décision de justice ?
TP: Suite à cette décision, nous avons eu une centaine de messages de félicitations et remerciements venant de marques, de compétiteurs, d’anciens de chez Vente-Privée… Des gens qui ont eu des problèmes avec Vente-Privée. Comme nous, ils jugent normal que la concurrence s’ouvre. C’est bon pour le consommateur comme pour les marques, qui peuvent ainsi choisir. La présence de ShowroomPrivé fait qu’un système de livraison rapide existe aujourd’hui dans la vente privée. La concurrence est saine. On demande simplement à travailler dans des conditions normales de concurrence. Et d’autres actions sont en cours pour y parvenir.

FM: Depuis ces différentes plaintes, y a-t-il eu du changement dans ces pratiques ?
TP: Non. Contrairement à ce qu’assure Jacques-Antoine Granjon à la télévision, il y a toujours des contrats d’exclusivité. On entend souvent dire que c’est pour protéger la marque, que ce n’est maintenant que pour six mois renouvelables… Mais à deux ventes par an, on s’oriente vers de l’exclusivité à l’infini. Et c’est aussi pour cela que l’on se bat. Vente-privée est tellement important qu’il n’a aucune raison de vouloir tuer sa concurrence, même si elle lui fait peur. Il devrait passer son temps autrement qu’à essayer de verrouiller et tuer ce marché. On veut simplement que la justice reconnaisse que c’est un secteur dans lequel la concurrence doit être libre.

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