×
5 679
Fashion Jobs
Publicités
Publié le
1 déc. 2017
Temps de lecture
4 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Thom Browne accélère sur tous les fronts

Publié le
1 déc. 2017

En 2001, Thom Browne ouvrait son atelier à New York, proposant des costumes classiques pour homme inspirés de l’esthétique des années 1950 et travaillés dans de nouvelles proportions. De fil en aiguille, le créateur américain a ajouté des chemises, puis des chaussures, des accessoires, de la maille, jusqu’à offrir à partir de 2004, à côté de son service sur-mesure, un véritable total look masculin. En 2011, la femme a fait son entrée dans le vestiaire de la griffe de luxe, suscitant très vite l'engouement puisque le prêt-à-porter féminin pèse aujourd'hui près d’un tiers des ventes totales. 


Thom Browne a fait défiler pour la première fois la femme à Paris en octobre 2017. - © PixelFormula


L’entreprise, qui comptait 80 employés il y a deux ans, en dénombre désormais 130 et affiche un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars (près de 84 millions d’euros), dont 30 % est réalisé aux Etats-Unis et au Canada, 40 % en Asie et 30 % en Europe, tandis qu’elle table sur une croissance entre 25 et 30 % pour 2017. « Le succès de Thom Browne repose sur trois éléments : la très haute qualité du produit, la consistance du design et la clarté du message », explique à FashionNetwork.com le directeur général Rodrigo Bazan.

« Il y a quatre ans, la production était réalisée encore en grande partie au Japon. Mais avec la croissance de la marque, la majorité de la fabrication a été déplacée en Italie pour des raisons de capacité, tout en continuant à travailler avec les meilleurs producteurs au monde ». Ainsi les pièces en cachemire sont fabriquées en Ecosse, les pull-overs en laine en Irlande, les souliers dans le fief anglais de la chaussure Northampton, etc. C’est également en Italie que le label a déplacé son service de sur-mesure, qui a été confié à la société spécialisée dans la confection de vêtements pour homme de haut niveau, Caruso.

Depuis un an et demi, la marque a travaillé à élargir sa clientèle masculine, en proposant des coupes et des volumes un peu plus larges et en mettant davantage l’accent sur le sport, qui passionne depuis toujours le designer. Elle souhaite continuer à agrandir son offre en faisant croître le sportswear, mais aussi l’outerwear introduit il y a deux saisons avec des pièces très techniques, tandis que les accessoires ont également pris du poids et représentent désormais 30 % des ventes de la collection masculine.

La collection féminine est elle aussi amenée à grandir. C’est dans cette logique que Thom Browne a mis fin à sa collaboration avec Moncler pour qui il dessinait la ligne Gamme Bleu, afin de se concentrer sur son label, et qu’il a fait défiler pour la première fois en octobre dernier son prêt-à-porter féminin à Paris, où il était déjà présent avec l’homme depuis 2010. En février prochain, le label va par ailleurs ouvrir un showroom permanent dans la capitale.


Rodrigo Bazan, le CEO du label. Thom Browne


« Notre présence durant les Fashion Weeks Homme de Paris a fait croître sans conteste nos ventes de menswear en nous donnant plus de visibilité auprès des acheteurs. Quant à notre premier show parisien avec la femme, il a eu d’excellentes retombées, qui se sont traduites par une hausse des ventes de 30 %  », indique Rodrigo Bazan.

L’autre axe stratégique pour le groupe, détenu depuis 2016 par le fonds d’investissement américain Sandbridge Capital, concerne la distribution. En 18 mois, Thom Browne a ouvert pas moins 15 boutiques, arrivant à un total de 29 unités avec l’inauguration ce vendredi 1er décembre d’un magasin à Chengdu, en Chine. Dans les cartons pour 2018, il y a l’ouverture de deux magasins en concession au Japon, à Tokyo et Osaka, une adresse à Miami et un deuxième point de vente à Pékin, au sein de l’hôtel Sanlitun.

Le réseau wholesale reste également important, avec 300 clients multimarques pour l’homme et 150 pour la femme, qui devraient passer à 200 avec le printemps-été 2018. « A cela s’ajoute le projet de l’omnicanal, que nous sommes en train de mettre en place avec Farfetch via une plateforme spéciale qui abrite pour l’instant l'enseigne londonienne Browns et notre marque. Nous nous occupons du produit, ils apportent la technologie. C’est le magasin du futur, où ventes en ligne et en réel seront totalement intégrées », conclut le manager, en rappelant qu’un tiers des ventes de Thom Browne passent aujourd’hui par les boutiques physiques et son e-commerce.
 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2022 FashionNetwork.com