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2 mars 2018
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Uma Wang, l’art de donner vie aux tissus

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2 mars 2018

C’est un voyage dans le temps qu’a offert jeudi Uma Wang au lycée Henri-IV. Cette ancienne abbaye royale, en particulier la bibliothèque du XVIIIe siècle qui accueillait le défilé, était l’écrin idéal pour cette collection de prêt-à-porter pour l’automne-hiver 2018-19 hors du temps, oscillant entre réminiscences moyenâgeuses, style victorien et austérité monastique.

Uma Wang, automne-hiver 2018-19 - DR


Les mannequins semblent en effet sortir d’un grenier, où ils auraient glané les robes en coton et dentelles de grand-mère, de grandes coiffes de paysannes et les binocles d’un vieil oncle. Les silhouettes s’étirent jusqu’aux pieds, jouant parfois sur les volumes à travers des superpositions de matières et de pans de tissus recoupés dans des vêtements déconstruits. Boutonnages asymétriques et drapés ajoutent à cette impression de mouvement.

Derrière chaque modèle, on sent le geste précis et à la fois délicat de la créatrice, qui semble laisser son intention comme en suspens. « Comme si c’était fait par accident, le fruit d’une erreur. Cela peut être parfois masculin ou féminin. C’est indéfini », nous raconte en coulisses la designer, qui aime priver ses habits de leur structure interne afin qu’ils s’adaptent à la forme des personnes.

Dans cette collection, Uma Wang a travaillé notamment sur la notion de double avec des mises bicolores ou dans deux matières différentes. Ainsi, une veste se présente en soie damassée côté droit et en velours à gauche, les deux parties se joignant dans le dos comme grossièrement cousues.

Uma Wang, automne-hiver 2018-19 - DR


Ailleurs, une veste en laine à rayures se prolonge par un drap de lin blanc boutonné en son bord. Un autre modèle est réalisé dans une doublure de veste, dont il ne subsiste que le col, le devant et les poches en cachemire soyeux. Un manteau est tissé dans un même bloc, dans un coton clair dans le bas et dans un tweed aux tonalités beige-rouille dans la partie haute.

Comme toujours, le travail sur les textures est impressionnant chez Uma Wang avec des effets d’usure et des teintures spéciales. Les tissus sont fabriqués en exclusivité en Toscane, notamment auprès de l’entreprise Lyria de Prato. C’est également en Italie, à Mantoue, qu'Uma Wang supervise la production de sa ligne, tandis qu’à Shanghai, elle a son studio ainsi que deux boutiques monomarques.

Formée à la China Textile University et auprès de l’école londonienne Central Saint Martins, la styliste a lancé sa propre marque en 2009, après avoir travaillé pendant 10 ans pour une grande entreprise chinoise spécialisée dans la maille. Aujourd’hui âgée de 46 ans, Uma Wang est distribuée dans une centaine de multimarques en Europe, Chine, Amérique et Japon.

Uma Wang, automne-hiver 2018-19 - DR


Elle défilait jusqu’en 2016 à Milan, puis elle s’est transférée à Paris pour intercepter plus facilement ses clients et gagner en visibilité. Avec son talent, Uma Wang n'a pas usurpé sa place dans le calendrier de la capitale.

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