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11 janv. 2012
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Vente à domicile: "l’Europe a besoin d’un statut pour les vendeurs"

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11 janv. 2012

Captain Tortue, L Capital
Lilian et Philippe Jacquelinet, fondateurs du groupe Captain Tortue
Avec plus de 40 milliards d’euros de ventes et quelque 12 millions de vendeurs, la vente directe se porte bien sur le Vieux Continent. Fondateur du groupe Captain Tortue, Philippe Jacquelinet est président d’honneur de la FVD, la fédération française du secteur, et président de la Seldia, la fédération européenne. Il revient pour FashionMag.com sur les récentes évolutions connues par la Seldia, sa volonté d’obtenir un statut pour les vendeurs à domicile européens, et l’effet d’Internet sur ce mode de vente.

FashionMag: Quelles évolutions sont intervenues depuis votre élection à la tête de la Seldia en 2010 ?
Philippe Jacquelinet: Nous avons tout changé dans la fédération, qu’il s’agisse du nom, de la gouvernance ou du statut. Quand je suis arrivé, elle rassemblait la Turquie, la Russie et d’autres, mais pas la France ou l’Italie. Cela a fait que nous souffrions d’un gros problème de crédibilité auprès des autorités, aussi bien nationales qu'européennes.

FM: Quelle est la situation à présent ?

PJ: A présent, nous représentons 25 pays d’Europe, bien que l’Allemagne, l’Autriche et la Belgique soient encore des exceptions. C’est aussi compliqué à gérer que l’Europe elle-même. Il y a un fort lobbying de certains pays, dont le Royaume-Uni… Certains veulent des avantages sans les inconvénients.

FM: Quel est aujourd’hui l’objectif de la Seldia ?

PJ: L’un des sujets qui sera central dans les années qui viennent sera sur le plan social: le statut des vendeuses à domicile. En France, c’est très bien grâce aux STI, statut du travailleur indépendant créé en 1992, et de plus en plus reconnu par le gouvernement.

FM: Visez-vous un statut européen pour les vendeurs ?
PJ: Un statut au niveau européen ne marcherait jamais, car trop compliqué. Nous nous concentrons donc sur un statut pays par pays. L’Italie a déjà un statut proche du nôtre, alors que l’Allemagne et l’Espagne n’en ont aucun. Or, pour se développer, l’Europe a besoin d’un statut pour les vendeurs.

FM: Vous sentez-vous soutenu par les pouvoirs politiques ?
PJ: Il faut se rappeler qu’en 2010, nous avons signé avec Laurent Wauquiez un programme pour créer 35 000 emplois. Et, lors de notre dernière assemblée générale de FVD, nous avons eu le privilège d’avoir des allocutions de deux ministres: Xavier Bertrand (Emploi) et Frédéric Lefebvre (Commerce). C’est très rare. Il faut dire que la fédération française est la deuxième au monde par la taille. Les autorités ont compris le poids qu’a le secteur.

FM: Percevez-vous Internet comme une menace pour la vente à domicile ?
PJ: Non, car nous offrons un aspect social de l’achat. Il n’y a plus de vendeurs dans les magasins, seulement des plieurs et chefs de rayons. Personne pour conseiller. Dans la vente directe, c’est l’inverse. Or je pense que plus les gens achèteront sur Internet, moins ils iront en magasins, et deviendront donc plus sensibles à la vente à domicile.

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