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Vivarte : l’heure du démantèlement

Publié le
today 24 janv. 2017
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Le groupe Vivarte vend les joyaux de la couronne. Cession d’André, enseigne historique qui donnait jadis son nom au groupe, cession de Naf Naf, dont le sort n’avait que peu été évoqué, nouvelle vague de fermetures et suppressions de postes chez La Halle aux Chaussures... Et après la récente vente de la Compagnie Vosgienne de la Chaussure, ce sera bientôt le tour de Pataugas, Chevignon, Kookaï et Merkal (Fosco inclus). Ce sont huit marques sur quatorze dont le groupe s'est séparé ou s'apprête à se séparer en quelques mois.
 

Naf Naf Paris


Depuis trois mois, les salariés du groupe tiraient la sonnette d’alarme : l’éviction brutale du précédent PDG, Stéphane Maquaire, au profit de l’expert en restructuration Patrick Puy était présentée comme le prélude à un démantèlement du géant français de l’habillement. Dans un silence politique et médiatique étonnant, les mois ont passé et les signes se sont précisés. C’est finalement fin janvier que la vraie nature du « management de discontinuité » revendiqué par le PDG Patrick Puy se révèle.

Sauf nouvelles annonces, Vivarte ne conservera dans son pôle chaussures que Minelli, San Marina et CosmoParis. Le pôle mode ne comptera plus que Caroll, tandis que la Halle et une Halle aux Chaussures amoindrie fusionnent. A cela s’ajoutent l'autre chausseur de périphérie, Besson. Si le PDG, Patrick Puy, indiquait vouloir « amincir » le groupe, c’est bien une hémorragie de ses plus grandes enseignes qui est à l’œuvre.

Lundi 23 janvier, deux plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) étaient annoncés pour La Halle aux Chaussures et pour Vivarte Services. A quoi s’est ajoutée le lendemain matin la mise en vente d’André et de son réseau de 135 magasins employant 786 salariés. Puis la mise en vente de Naf Naf, qui compte environ 180 adresses françaises et 400 points de vente dans le monde.

Contacté, Bercy n’a pour l’heure pas réagi. Selon nos informations, le cas Vivarte avait cependant fait en décembre l’objet d’une rencontre animée du Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI). Des sources ministérielles indiquent qu’une mise en garde avait alors été formulée à l’encontre de Vivarte, et plus précisément des fonds ayant acquis sa dette et siégeant à sa direction. En cas d’une revente d’enseigne importante, l’Etat, qui a versé l’an passé au groupe 14 millions d’euros en crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), s’assurerait que les fonds profitent bien au groupe et non aux fonds.

« Les 17 000 salariés sont prisonniers de ces fonds vautours », résume pour sa part Marc Lelandais, l’un des six PDG à s’être succédé ces quatre dernières années à la direction du groupe, ce lundi 23 janvier sur franceinfo. « En juin 2013, cette entreprise a fait l’objet d’un "raid" de la part de ces fonds spéculatifs, qui l’ont mise dans une situation de fragilité auprès de ses fournisseurs, des banquiers et de tout le monde. En quelques jours, Vivarte est passé d’une situation dans laquelle le groupe était en train de s’assainir à une situation qui l’a plongé dans une crise très profonde. »