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6 sept. 2011
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WHO'S NEXT Prêt à porter Paris: la parole aux détaillants

Publié le
6 sept. 2011

Pas besoin d’être grand clerc pour imaginer que ce que retiennent au premier chef les détaillants des annonces de Xavier Clergerie et Bertrand Foache concernant WHO'S NEXT Prêt à Porter Paris est le démarrage du salon fin juin, le 30 exactement, premier samedi des soldes, qui doivent débuter le mercredi 27 ! "Fin juin, les détaillants ont plus à faire dans leurs boutiques que dans un salon", souligne Michel Roulleau, directeur général adjoint des Galeries Lafayette. Un propos évidemment relayé par nombre de détaillants dont celui d’Abou d’Abi Bazar, Patrick Aboukrat.


"Les détaillants sont obligés de rester dans leur magasin les premiers jours des soldes" (Patrick Aboukrat, magasin Abou d'Abi Bazar rue Soufflot, photo PixelFormula)

"On pourrait dire que les détaillants viendront le dimanche et le lundi. Mais, au début de la période des soldes, les magasins sont souvent ouverts le dimanche par exemple. De plus, pour moi, par exemple, le samedi est important. Je n’achète pas. Mais je fais ce jour-là du repérage et je bloque des marques", explique Patrick Aboukrat.

Bernard Morvan, qui les fédère tous en tant que président de la Fédération Nationale de l’Habillement, souligne le choix crucial auquel vont devoir faire face les détaillants. "On ne voudrait pas que les détaillants français viennent au salon, on ne s’y prendrait pas autrement, affirme-t-il. Il prend exemple sur la fréquentation du Mode City de cet été, qui s'est tenu en juillet et qui a connu une forte baisse des visiteurs français.

Pour autant, celui-ci, qui participait à une rencontre avec le Secrétaire d’Etat au Commerce, Frédéric Lefebvre, se demande s’il ne pourrait pas y avoir, tout simplement, un changement de la date du démarrage des soldes. "Xavier Clergerie a bien expliqué au ministre que ce serait bien si on pouvait changer la date des soldes, explique Bernard Morvan. Et Frédéric Lefebvre a dit qu’il allait étudier le problème". Un exercice certes pas facile.

Outre le fait que la date de démarrage des soldes est fixée aujourd’hui dans la cadre d’une loi (les soldes doivent démarrer le dernier mercredi de juin si celui-ci se situe avant le 28 juin !), Bernard Morvan s’inquiète d’un nouveau changement alors que l’unanimité a été difficile à trouver auparavant. "En fait, la date de démarrage des soldes le 27 juin nous va très bien s’il n’y avait pas désormais le télescopage avec le salon. On pourrait imaginer un décalage sur la première semaine de juillet mais cette fois les grands magasins ne seront pas d’accord". La question n’est donc pas tranchée.

Autre remarque de Bernard Morvan: "Je me demande si les détaillants sont prêts culturellement pour un salon avant l’été, souligne-t-il. L’analyse des ventes de la saison qui vient de passer n’est pas faite, les budgets ne sont pas prêts surtout pour la partie femme. Quand le salon se tient en septembre, on sait ce qui nous reste de marchandises".

Concernant le fait de savoir si les marques seront prêtes, le sujet est plus controversé. Beaucoup de détaillants relèvent par exemple une avancée des dates de prises de commandes, salon ou pas. Patrick Aboukrat cite par exemple Isabel Marrant qui a commencé à noter en showroom le 22 juin dernier. La raison de cette avancée des dates ? "Ils me disent qu’ils veulent livrer en novembre. Personnellement, je refuse la marchandise avant début janvier".

Pour autant, les détaillants que nous avons interrogés ne contestent pas de manière virulente la période choisie pour le futur salon. "Il est sûr que le salon parisien ne peut arriver loin derrière les autres sur le plan international", soulignent-ils. "Exceptée la question des soldes, c'est une bonne date. En septembre, j'ai déjà réalisé 90% de mes achats. Prenez G-Star, je commence à noter dès le mois de mai. Or, un salon nous est utile pour cerner les tendances et découvrir de nouvelles marques", commente Jordane Goguet de Jeans Universe près de Grenoble et d'un second à Chambéry.


Michel Roulleau, DGA des Galeries Lafayette, relève l'importante mutation que doit piloter le WHO'S NEXT


Pour Michel Roulleau, qui visite nombre de salons mondiaux, il faudra surtout, s’il entend occuper le positionnement qu’il revendique, que WHO’S NEXT Prêt à Porter Paris progresse fortement par rapport au Who’s Next qui s’est terminé hier. Quelques exemples: "Le salon actuel est ennuyeux avec ses stands uniformes. On a l’impression que tous les produits sont pareils, qu’il n’y a pas de tendances, souligne-t-il. A la différence de Premium par exemple à Berlin où les marques ont le droit, sans excès, de personnaliser leur stand. Il faut aussi que les leaders des secteurs soient là. Par exemple au Bread, il y a tous les grands jeanneurs, les grandes marques du street. Au WHO’S NEXT PAP, cela signifie que Zadig & Voltaire, Sandro, Maje, Iro doivent être présents car ce sont eux qui font les tendances et les ventes. Il faut aussi recréer un lieu exceptionnel comme l’est Tempelhof à Berlin. De même, on doit aussi sentir la mode dans les allées, etc."

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