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5 sept. 2011
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Who's Next Prêt à Porter Paris… Réactions

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5 sept. 2011

"C’est une superbe opportunité pour Paris", sous-entendu l’avancement des dates et le coup de jeune qui est donné aux salons de mode français… Ce n’est pas un confrère français qui le dit, mais Mirjam Dietz, directrice de la mode de l’Igedo (salon CPD à Düsseldorf). Et de poursuivre: "en passant de septembre à fin juin, Who’s Next Prêt à Porter Paris nous arrange en quelque sorte, car il ne coïncide plus avec le CPM à Moscou". Et même, elle insiste: "ça peut bouleverser le monde". Celle qui pilote un salon lui-même en cours de repositionnement trouve que c’est une très bonne décision de se tenir avant Berlin. Et de s’insérer entre la fashion week masculine et les défilés de Haute Couture. Elle reconnait aussi dans la décision l’enthousiasme raisonné de Xavier Clergerie et Bertrand Foäche.

A Berlin, le Premium répond seulement "No comment". Quant au Bread&Butter, Karl-Heinz Müller, son patron, affirme ne pas avoir décidé de changer ses dates.

En Italie, Raffaello Napoleone se félicite du renforcement de l’offre de manifestations européennes. "Nous avons tous intérêt à ce que les salons soient forts en Europe. Cela freine les ardeurs dans d’autres régions du monde", souligne le dirigeant du Pitti Uomo. Il ne craint pas outre mesure la concurrence de Paris sur l’homme. "Au Pitti, il y a tout le monde, de l’artisan à la grande entreprise. Et l’Italie reste n°1 sur le haut de gamme masculin". Et d’insister: "Chaque salon doit de toute manière trouver son identité". Il est convaincu que le nouveau salon français bénéficiera de l’effet de nouveauté en juin-juillet prochain. Tout en soulignant s’interroger sur la réaction de Berlin, qui bénéficie de salons consolidés et d’une fashion week qui progresse avec, notamment, un fort soutien de la Ville.


Michael Hadida, à la tête de Tranoï - Photo: PixelFormula


Un propos qui fait écho à ceux de Michael Hadida, dirigeant de Tranoï. "Tout ce qui renforce Paris est bon aussi pour Tranoï. Si cela fait venir plus d’acheteurs à Paris plutôt qu’à Florence et Berlin, c’est bon aussi pour nous". Et de souligner: "De toute manière, Who’s Next devait agir ainsi face à ses concurrents".

Le renforcement de la place de Paris a tout pour réjouir également Etienne Cochet, président de Paris Capitale de la Création. "Cette évolution est une chance pour la place de Paris au moment où le monde est en pleine compétition", relève-t-il. Il souligne la clarté de la stratégie mise en place. "On pourra d’ailleurs vérifier très vite la perception qu’en ont de potentiels visiteurs internationaux. Nous organisons des conférences Paris Capitale de la Création le 31 octobre à Tokyo, le 2 novembre à Séoul et ensuite à New Delhi et Mumbaï".
Comme dirigeant de Maison & Objet, il n’envisage pas en tout cas de changer ses dates qui sont en conformité avec le marché de la maison.

La situation est plus compliquée pour Eclat de Mode. Le salon du bijou s’interroge sur l’opportunité de suivre les salons de mode de septembre à fin juin. Il a lancé pour cela un vaste sondage sur l’édition actuelle du salon auprès des exposants et des acheteurs. "Nous nous sommes engagés à prendre une décision d’ici la fin du mois", souligne Philippe Brocard, directeur de Pôle chez Reed Expositions. Tout en constatant que ce secteur ne fonctionne pas sur les mêmes rythmes d’achat que la mode.


Philippe Pasquet, président du directoire de Première Vision - Photo : PixelFormula



Philippe Pasquet, président du directoire de Première Vision, regrette lui d’avoir appris le changement de dates dans les derniers moments. "Comme d’habitude, soutient-il, l’aval décide et l’amont doit s’adapter". Le salon à la renommée mondiale n’a pas prévu en tout cas de bouleverser ses dates au moins sur 2012 et 2013. "Nous sommes un salon où les visiteurs internationaux pèsent 75% de la fréquentation alors que Who’s Next est quasiment un salon national aujourd’hui. De plus, nous accueillons nombre de visiteurs qui ne sont pas des acheteurs dans les salons de mode comme le groupe Inditex. Ceux-ci sont réglés par d’autres calendriers".

Il admet certes qu’il fallait mettre de l’ordre Porte de Versailles. "Maintenant le travail commence. Who's Next Prêt à Porter Paris veut jouer dans la cour des grands. Il va falloir qu’il s’en donne les moyens, notamment en termes de services. Il faut savoir qu’il y a souvent une prime aux leaders dans les affrontements".

Quant à Michael Scherpe, président de Messe Frankfurt, il ne compte pas suivre le mouvement avec Ethical Fashion Show. "La mode éthique est une démarche suffisamment indépendante. En installant Ethical Fashion Show à Berlin, notre calendrier est d'organiser à Berlin un rendez-vous en janvier et juillet et à Paris en mars et en septembre. Ensuite, en tant qu'organisateur de salon, je sais bien qu'il est difficile de faire l'unanimité avec des changements de dates.".

En tout cas, Didier Grumbach, président de la Fédération de la Couture et des Créateurs de mode, qui a échangé avec les fondateurs de Who's Next sur les dates notamment, est confiant. "Ce sont des gens très enthousiastes mais aussi très raisonnés", souligne-t-il.
Jean-Paul Leroy et Bruno Joly

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