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30 mai 2012
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Xavier Clergerie: "Un salon ne doit jamais être pareil"

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30 mai 2012

Dans un mois, quasiment jour pour jour, exactement le 30 juin, Who’s Next Prêt-à-Porter Paris ouvrira ses portes à Porte de Versailles. Jusqu’au 3 juillet. Un événement au moins à deux titres: c’est la deuxième édition fruit du regroupement des deux salons de mode parisiens. Et c’est surtout la première édition qui se tient fin juin début juillet, entre Pitti Uomo et Bread & Butter. De quoi peut-être (sans doute ?), stresser ses organisateurs et au premier chef l’un des dirigeants de WSN, Xavier Clergerie. Première et essentielle information: pas de stress visible à l'horizon.


Xavier Clergerie. Photo Pixel Formula

FashionMag: Vous êtes à un mois du début du salon. Comment vous sentez-vous ?
Xavier Clergerie: Quoi dire ? Ca se passe très bien. Je n’avais pas de grosse inquiétude par rapport à la date de juin. Aujourd’hui, le cap de la commercialisation est passé. Nous aurons le même nombre d’exposants qu’en janvier dernier, un peu plus de 2000. Donc pas de vraies défections du fait de l’avancée des dates. Certes, nous avons constaté une diminution des surfaces des stands, notamment dans la partie Private (l’offre la plus traditionnelle, ndlr). Mais les exposants de ce secteur étaient habitués à prendre de gros stands. De même bien sûr, nous avons pu relever que les marques de ce secteur craignaient de ne pas être prêtes à temps. Enfin, elles craignaient aussi l’impact des dates sur les visiteurs français (le début du salon coïncide avec le premier week-end des soldes, ndlr). Et ce sont des marques très présentes sur le marché français. On peut dire que, pour cette session, elles ont décidé de faire un test.

FM: Et les marques créatives ? Comment vous ont-elles suivi ?
XC: Elles furent les premières à s’inscrire. Juin est important pour elles. Elles sont dans le mouvement. Nous voyons bien les équipes aujourd’hui dans les avions pour finaliser leurs collections. Ce sont des marques positionnées sur un créneau et donc un calendrier international. En tout cas tout le monde critiquait le passage des salons en juin. Quasiment plus personne n’évoque aujourd’hui le changement de calendrier.

FM: Comment communiquez-vous auprès des visiteurs potentiels par exemple ?
XC: On a fait beaucoup de phoning. Nos agents (dans 30 pays, ndlr), ont mené des opérations auprès de 2000 contacts. En France, nous avons sensibilisé plus de 5000 détaillants. Nous avions invité dès la fin du dernier salon les invités de celui-ci à venir à l’édition de juin. Une manière de s’impliquer encore plus que d’habitude. Nous avons des inscriptions en nombre des étrangers. Sur la France nous avons de bonnes remontées. Pour tout vous dire, nous sommes en avance sur les pré-enregistrements.

FM: Vous avez revu l’organisation sur cette session par rapport à janvier avec notamment moins de dispersion géographique des secteurs. Pourquoi ?
XC: D’abord, vous devez le savoir, il y a une règle à WSN, et je fonctionne comme cela. La stratégie future découle de la vie d’aujourd’hui. Elle n’a pas été écrite à l’avance. On décide de quelque chose, on voit comment ça se passe. Et on avance en faisant bouger les choses si cela est nécessaire. Un salon ne doit jamais être pareil. A Who’s Next, nous faisons volontairement bouger les plans chaque saison. J’irai même plus loin. Quand nous choisissons une couleur de moquette, ce n’est jamais anodin. Nous avons revu certaines segmentations. Le Cube, qui regroupe la maroquinerie traditionnelle, comptera 80 marques. On a repositionné dans le hall 3 le cœur créatif qu’est Première Classe. Mais franchement, il ne faut pas se polariser sur les emplacements. J’ai un exemple ancien pour ceux qui se souviendront. Le Groupe des Halles (la partie la plus créative de Prêt-à-Porter Paris dans les années 1980, ndlr) et ses marques créatives était situé au troisième niveau du salon. Il connaissait un succès énorme parce qu’il avait les marques qui comptaient à l’époque. C’est l’offre qui fait la différence. On ne connaît jamais à l’avance la limite d’un secteur et d’un marché. Notre objectif comme à Mess Around, c’est d’arriver à donner une vision, des idées à la distribution traditionnelle. Nous croyons au détaillant multimarque. Le salon est à son service.

FM: Justement, un salon est destiné en priorité à ces détaillants multimarques. C’est en quelque sorte votre clientèle… Que pensez-vous de leur situation ?
XC: Je crois aux multimarques. Aujourd’hui, on a une profusion d’informations et d’offres via internet. Ce média agrandit le champ d’action. Face à cela, le consommateur a besoin d’un guide et d’un conseil. Le détaillant doit savoir faire rêver. Comme un salon. Même sur internet, on ne rêve pas. Les salons devraient ainsi aider de plus en plus les détaillants à s’y retrouver. Leur donner les moyens de se battre.

FM: Pour parler de la communication du salon, vous avez choisi un thème particulier que nous retrouvons jusque sur les visuels…
XC: En effet, nous avons retenu un thème médiéval. Cela part du retour à la nature, de l’agriculture biologique, de la recherche du savoir-faire, aussi des valeurs sures. Nous constatons un retour vers des pièces maitresses, un certain classicisme. Cela fait penser à la côte de maille. Dans les différents secteurs, nous avons donc travaillé à notre manière la dimension médiévale. Il y aura des sculptures réalisées avec des bottes de paille, des fanions, des oriflammes. Le but est de bousculer et d'exciter les sens au maximum. Le salon, Porte de Versailles, doit être un grand événement mode, mais la mode sous toutes ses couleurs…

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