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11 juin 2013
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Yohan Ruso: "Les ventes en ligne sont loin des attentes du luxe"

Publié le
11 juin 2013

Yohan Ruso - Photo: Matthieu Guinebault

Déjà propriétaire du showroom Catherine Max, le fond Privéal (ex-Dugivers) a racheté son principal concurrent Adèle Sand. Désormais à la tête du leader parisien de la vente privée, son PDG Yohan Ruso entend bien redonner à celles-ci leur sens premier pour, loin des géants du Web, mieux séduire des marques de luxe en quête d’intimité.

Respectivement situées au Trocadéro et à Bastille, Catherine Max et Adèle Sand proposent ainsi aux marques réputées des ventes réellement privées, ouvertes uniquement à leurs propres invités, ou à une sélection d’adhérents. Les 10 000 membres que rassemblent à eux deux les showrooms payent en effet à l’année pour avoir accès aux ventes (respectivement 50 et 30 euros environ), tandis qu’une carte premium donne accès aux avant-premières (200 et 95 euros). Des formules d’abonnement qui pourraient évoluer suite au rapprochement des deux entités, une réflexion étant actuellement menée sur le sujet.

Ce positionnement répond à une véritable attente des marques de luxe, pour Yohan Ruso. L’ancien dirigeant d’eBay France a en effet vu les grandes marques se détourner d’Internet et de ses ventes privées, désormais plus proches de la grande distribution. "Quant la moitié des Français reçoit une invitation à une vente, je ne pense pas que l’on puisse encore parler de vente privée, explique t-il. Ce n’est plus qu’une promotion, une animation commerciale. Le concept d’un écrin éphémère n’est plus suffisant."

Un constat qui s’est imposé en septembre 2011, quand la déclinaison en ligne de Catherine Max, Espace Max, fut contrainte de stopper son activité seulement quelques jours après l’arrivée de Yohan Ruso. Le groupe devra ensuite attendre janvier 2013 pour sortir de son redressement judiciaire. Et cela grâce à la fidélité de grandes marques ayant trouvé là une alternative haut de gamme et discrète aux ventes en ligne.

"Certaines marques cherchent à écouler du stock, et d’autres veulent surtout préserver leur image, souligne Yohan Ruso. Ces dernières se sont vite rendu compte qu'Internet n'était pas une option pour elles. Je pense que ces marques attendaient qu'un acteur comme Priveal se constitue pour reprendre ce flambeau de la vente privée."

Aujourd’hui, Privéal ne se connaît pas de réel concurrent sur le secteur. Le groupe n’entend pas décliner son activité en province afin de mieux se concentrer sur l’image luxueuse associée à la capitale. Un développement dans une sélection de capitales étrangères est cependant envisagé.

Yohan Ruso évoque également sa volonté de développer l’offre du groupe en termes de vente de haute joaillerie, d’horlogerie et d’arts de la table. Quant à la question d’un éventuel retour à l’activité Web, elle a été clairement tranchée: "Privéal n’ira jamais sur l’e-commerce" indique le PDG.

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