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Publié le
18 mars 2009
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Yves Rocher diffère ses projets d'expansion

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Reuters
Publié le
18 mars 2009


Maquillage Yves Rocher
PARIS (Reuters) - Yves Rocher a décidé de geler ses projets d'investissements en Amérique latine en raison de la crise financière et estime que son chiffre d'affaires pourrait aussi bien augmenter que baisser de 2 % cette année.

Le groupe spécialisé dans les cosmétiques à base de végétaux espère néanmoins profiter de la crise pour accroître ses parts de marchés après avoir rénové son image à travers un nouveau logo et un nouveau concept de magasins, a déclaré mercredi à Reuters Stéphane Bianchi, son directeur général.

Le groupe breton, dont le siège est situé dans le village natal d'Yves Rocher à La Gacilly, près de Rennes, réalise un chiffre d'affaires annuel de 2,03 milliards d'euros, soit près de trois fois celui de Body Shop, filiale de L'Oréal.

Yves Rocher est encore détenu aujourd'hui à 75 % par la famille Rocher, le groupe pharmaceutique français Sanofi-Aventis détenant une part de 19,5 %. La famille ne souhaite pas introduire la société en Bourse.

Alors qu'elle est présente dans 80 pays, la marque n'a jamais pu entrer sur le marché américain et la crise l'oblige à geler ses projets de développement en Amérique latine.
"Ce n'est pas le bon moment pour faire ce type d'investissement", a souligné Stéphane Bianchi.

"Cette année, on s'attend à ce que les ventes progressent de 2 % ou qu'elles baissent de 2 %, c'est très difficile à prédire", a-t-il précisé.


Des produits moins chers en moyenne

Actuellement Yves Rocher réalise 40 % de son chiffre d'affaires en France et 26 % en Allemagne et en Russie, ses deux plus importants marchés à l'exportation.

Le groupe, qui a révolutionné le marché des cosmétiques en 1959 en lançant la vente de ses produits par correspondance, commercialise également aujourd'hui sa gamme sur internet, ainsi que dans ses magasins.

Il contrôle également la marque de vêtements Petit Bateau ainsi que les produits de beauté Daniel Jouvance et Dr Pierre Ricaud.

Selon le groupe, la crise devrait encourager les clients à se tourner vers ses produits, en moyenne moins chers que les marques concurrentes, grâce aux économies réalisées sur l'emballage et le marketing.

Une crème de base pour le visage coûte en moyenne entre 40 et 60 euros chez Lancôme, Clarins ou Estée Lauder contre 15 à 25 euros chez Yves Rocher.

"Il y a une fantastique opportunité aujourd'hui pour attirer des clientes qui quittent des marques plus chères. C'est une opportunité que l'on ne doit pas rater", a souligné le directeur général du groupe. "Nous acceptons des marges plus basses que nos concurrents."

En 2008, les ventes d'Yves Rocher ont progressé de 1,8 % à changes courants et de 3% à changes constants.

Les ventes de Body Shop ont reculé pour leur part de 3,9 % l'an dernier mais ont augmenté de 4,6 % en données proforma. Les ventes totales de L'Oréal ont progressé de 2,8 % (3,1 % en proforma).

Yves Rocher a dégagé l'an dernier un résultat net, part du groupe, compris entre 3 % et 3,5 % du chiffre d'affaires, a précisé Stéphane Bianchi, alors que le résultat net 2008 de L'Oréal de 1 948 millions d'euros représente une marge nette de 11 %.

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