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26 mars 2013
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Zora Belmejdoub: "Le complexe d’infériorité de la Chine est passé"

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26 mars 2013

Directrice depuis six ans d’Esmod Pékin, Zora Belmejdoub vient de participer aux pages mode du Louis Vuitton City Guide Beijing, qui paraîtra en 2014. Etant en contact avec les étudiants, son regard est un peu différent de celui de Béatrice Ferrant, publié hier sur FashionMag.com, en étant un peu en avance d’une génération.

Zora Belmejdoub



Fashionmag.com: y-a-t-il eu des évolutions en six ans ?
Zora Belmejoud: Elles sont énormes. Il y a six ans, quasiment pas de mode. C’était encore nouveau, pas abouti, le chemin semblait long. On découvrait des copies de vêtements occidentaux avec peu de recherche de volumes ou de formes, pas d’identité.

FM: Et aujourd’hui ?

ZB: Aujourd’hui, nous y sommes arrivés. A la dernière Fashion Week d’octobre, de nombreuses collections étaient justes avec des produits dans les tendances, avec un début d’identité et un usage du patrimoine et de la culture chinoises. J’étais vraiment contente de cette Fashion Week. J’ai pu assister ainsi aux défilés de BIFT, l’université de mode de Pékin (le Beijing Institut of fashion technology). J’avais conseillé il y a quelques temps aux professeurs de mettre en avant l’identité chinoise. Cette année, c'était le thème retenu. Cette fois, la calligraphie, l’artisanat, le travail sur bois… constituaient des ressources utilisées sur des vêtements. Par exemple, j’ai aussi découvert la marque 100% chinoise, White Colour, qui habille les cols blancs. C’est bien fait et tout est chinois, du design à la fabrication. Si, avant, la mode chinoise était synonyme de cheap, aujourd’hui elle est de qualité.

FM: Les écoles ont devancé le mouvement.

ZB: A Esmod, aujourd’hui, le niveau est international. Esmod a un peu participé de ce mouvement. Les marques ne prennent pas de risque commercial. C’était important l’Europe et aujourd’hui, ce sont les designers chinois eux-mêmes qui reviennent des écoles internationales. Le travail des matières est la force des Chinois. L’avenir passe ainsi par le vêtement de luxe. Les étudiants reviennent en Chine avec de nouvelles idées et imposent des marques inspirées par la Chine. Il est en train de se passer en Chine ce qu’à connu la scène mode japonaise dans les années 1980. Aujourd’hui il y a aussi très peu de jeunes de vingt ans au Japon, ça par contre ce n’est pas un problème pour la Chine.

FM: Et concrètement ?

ZB: Zeng Fengfei par exemple, il y a cinq ans, ses vestes col Mao ne plaisaient pas. Cette fois il a remporté un Award à la Fashion Week d’octobre. La culture chinoise est acceptée dans le vêtement par touches. Ils ont compris la manière d’avancer et la marque chinoise d’Hermès est aussi un bon exemple.

FM: Et les marques chinoises aux noms étrangers ?

ZB: Paris reste pour eux la ville de la mode en raison du romantisme. De nombreuses marques faites en Chine par des Chinois ont des noms à consonances française ou étrangère. Aujourd’hui, les consommateurs sont prêts à acheter des marques de mode avec des noms chinois. Le complexe d’infériorité est passé. Il y a cinq ans, acheter des marques avec des noms chinois faisait partie de la science-fiction.

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